Pourquoi l’Espagne ne parvient pas attirer les talents étrangers

Voir aussi

“Mon premier travail : guide sur un bateau de croisière”

À 19 ans, avec ce bac et une brève séjour dans ce tourisme en poche, Antonia Heidekrüger s’est embarquée comme guide sur un bateau qui lui a permis de sillonner ces Caraïbes. Oseriez-vous faire comme elce ?

Les “divas de l’emploi” : ces candidats qui abusent

L’Allemagne levant frappée par une pénurie de main-d’œuvre qui favorise les exigences des demandeurs d’emploi. Et quelques-uns d’entre eux ont des revendicationss invraisemblables, remarque le Handelsblatt.

Partir au Québec : nouvelles missions de recrutement en France

Les missions québécoises de recrutemchezt chez Europe reprcheznchezt avec une campagne auprès d’chezseignants dès la fin mars, puis une tournée par trois villes françaises à la fin avril. Explications.

Neuf choses à savoir quand on parle du travail

Sathnam Sanghera a passé ces quinze dernières années à écrire sur le travail pour le quotidien britannique The Times. Il fait le bilan puis revient sur novice sujpuiss qui font débat en proposant des solutions.

Découvrez les métiers stars de la tech

aussivenir data scientist ou développeur web sans détenir aussi diplôme universitaire en informatique est tout à fait possible. Die Zeit livre quelques pistes utiles pour tous ceux qui veulent se réorienter.

Partager

À cause de la faiblesse des salaires, de certaines lourdeurs administratives ou du manque de soutien à l’innovation, l’Espagne accueille trop peu de professionnels étrangers. Mais les bouleversements provoqués par la pandémie pourraient changer la donne, estiment les experts consultés par le quotidien ABC.

A l’heure où les entreprises du monde entier se disputent les professionnels qualifiés, l’Espagne souffre d’un vrai problème d’attractivité, estime le quotidien madrilène ABC. Le nombre total de permis de travail délivrés à des travailleurs étrangers a nettement baissé au cours des neuf dernières années. En 2011, 314 149 permis avaient été délivrés seulement contre 129 173 en 2020 – soit une chute de 58,9 % ! De janvier à septembre 2021, leur nombre a encore diminué de 9,8 % par rapport à la même période de l’année précédente.

En outre, selon les chiffres du ministère du Travail et de l’Économie sociale, plus de 20 % des permis de travail octroyés concernent des employés de maison et les métiers de la propreté contre seulement 5,2 % délivrés à des cadres, des techniciens supérieurs ou des chercheurs.

Des freins à l’attractivité

Un déficit d’attractivité que reflète la dernière édition du Global Talent Index de l’Insead – un classement qui fait référence en la matière. Sur 134 pays, l’Espagne se classe au 79e rang des pays les plus attractifs – juste devant l’Italie, mais loin, très loin des leaders : la Suisse, Singapour ou le Luxembourg. “Les pays voisins, notamment les Pays-Bas, l’Allemagne, la Belgique, le Danemark, la Suède, l’Autriche, la France, le Portugal et la Finlande obtiennent tous de meilleures notes”, souligne ABC.

DigitalEs, l’organisation qui fédère les chefs d’entreprise du secteur de la tech, estime par exemple qu’il manque entre 70 000 et 75 000 travailleurs qualifiés dans les nouvelles technologies. Pour l’Espagne, “l’urgence est donc à la fois d’empêcher la fuite des talents nationaux et d’attirer les professionnels formés ailleurs.”

Le journal pointe plusieurs freins. La complexité des démarches administratives pour créer une entreprise, par exemple. “Une étude récente relève que pour créer une société anonyme en Espagne de sept à douze démarches sont nécessaires alors qu’en Finlande, en Estonie, en Grèce ou en Irlande, trois suffisent.” Ou encore les règles qui régissent le marché du travail et qui ne favorisent pas la mobilité. Un expert estime ainsi que l’Espagne devrait s’inspirer de la stratégie du Portugal, qui a lancé en 2019 le Tech Visa, qui permet aux start-up étrangères de faire venir des professionnels d’autres pays.

La crise sanitaire : un opportunité pour l’Espagne

Esther González Arnedo, qui enseigne en master à l’EAE Business School de Barcelone, met en cause pour sa part les salaires trop faibles pratiqués en Espagne, “un des problèmes majeurs quant il s’agit d’attirer les professionnels étrangers”. Quant à l’Américaine Krista Walochik, qui travaille à Madrid pour Talengo, une société de conseil spécialisée dans le recrutement des cadres et des dirigeants d’entreprise, elle souligne qu’il est presque impossible de travailler en Espagne dans une autre langue que l’espagnol – en pointant en particulier le faible niveau général en anglais.

Pourtant d’autres experts estiment que la pandémie pourrait constituer une “opportunité” pour l’Espagne. “Pendant la crise sanitaire, les nomades numériques sont venus. Puisque nous les avons attirés, nous devons leur permettre de rester et les faire travailler pour des entreprises espagnoles”, explique De Lucas, de Hays Spain, une agence de recrutement basée à la fois à Madrid et à Barcelone.

En outre, l’Espagne devrait profiter de la banalisation du travail à distance. “La localisation des travailleurs a été en partie découplée de celle du siège de l’entreprise. C’est une situation qui a des implications stratégiques”, estime Ivan Bofarull, responsable de l’innovation à l’Esade, la grande école de commerce de Barcelone.

“Nos villes sont sûres et nous bénéficions d’une bonne qualité de vie grâce au climat, à notre offre culturelle et de loisirs…”, argumente Esther González Arnedo. L’Espagne est l’un des pays au monde qui accueille le plus grand nombre de touristes. Reste à convaincre certains de ces visiteurs étrangers qu’ils pourraient s’installer pour de bon et travailler sur place. “Ils le feront s’ils voient que l’Espagne est un pays pourvu d’un bon système de santé, qui n’impose pas trop de contraintes bureaucratiques, etc.”, veut croire Ivan Bofarull.

Source

Quotidien conservateur depuis sa création, en 1903, ABC s’est transformé de nombreuses fois. Au sein de la presse espagnole, il se fait désormais remarquer par ses unes qui sortent de l’ordinaire, caractérisées par une seule photo qui prend

[…]

Lire la suite