PhotoPrism, cette solution open source et gratuite peut-elle remplacer Google Photos ?

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En novembre 2020, un électrochoc a parcouru les utilisateurs de Google Photos. Le géant du Web annonçait que la gratuité du stockage des clichés allait se terminer. Ceux qui voulaient (et veulent) désormais bénéficier de ce service devaient alors mettre la main au porte-monnaie : deux euros par mois pour 100 Go, trois euros par mois pour 200 Go et 10 euros par mois pour 2 To.

Le besoin d’une alternative

Cet évènement a mis en lumière le degré de dépendance qui existe aujourd’hui vis-à-vis des acteurs du cloud. Ces derniers, il faut le reconnaître, ont révolutionné la gestion des photos. Fini la classement pénible et plan-plan en série d’albums. La reconnaissance d’image et l’intelligence artificielle offrent une navigation totalement nouvelle et intéressante.
Aussi bien Google Photos qu’Apple Photos permettent de lister automatiquement les photos par domaine thématique : les dîners, les portraits, les voyages, les concerts, les musées, les bébés, les plages, les lacs, les montagnes, etc.
Grâce à la reconnaissance faciale, on peut extraire immédiatement toutes les photos relatives à une personne en particulier. Un confort inestimable pour tous ceux qui aiment se remémorer les bons moments passés avec leurs amis ou leur famille.

Compatible avec beaucoup de systèmes

Le souci, c’est qu’on se retrouve pieds et poings liés avec ces géants informatiques. Une fois que vous avez stocké plusieurs milliers de photos chez l’un d’entre eux, il y a peu de chance que vous fassiez machine arrière un jour, car l’effort de migration serait trop grand. Vous subirez alors de plein fouet les changements de leurs politiques commerciales. Alors, comment faire ?
Actuellement, l’alternative la plus crédible — et que j’ai pris en main pour vous — semble être le logiciel open source PhotoPrism. À l’instar des services d’Apple et de Google, il embarque des technologies d’intelligence artificielle de dernière génération pour la reconnaissance d’image et le regroupement thématique. Les développeurs s’appuient en occurrence sur la classification automatique fournie par Google TensorFlow. PhotoPrism pourrait-il remplacer Google Photos ? C’est ce que nous allons voir.

En route pour l’indépendance ?           

Ce gestionnaire de photos fonctionne selon une logique client-serveur. Le client est le navigateur Web et le serveur un conteneur Docker, installé localement. Ce mix technologique a l’avantage d’être compatible avec un grand nombre de systèmes.
Côté client, n’importe quel terminal doté d’un navigateur Web peut faire l’affaire. Le serveur peut être installé sur des ordinateurs Windows, Mac ou Linux. Il existe même une version ARM pour l’installation sur Raspberry Pi. Toutefois, il faut prévoir large au niveau des capacités matérielles. Les développeurs recommandent au minimum deux cœurs de calcul et 4 Go de mémoire. Mais en pratique, il faut plutôt viser le double.
Lorsque j’ai lancé la reconnaissance faciale sur mes 28 000 photos, le serveur a facilement dépassé les 6 Go de mémoire utilisée.

Idem pour la consultation que nous avons testée sur différents terminaux : un PC portable Windows, un iPhone XS, une tablette ancienne (iPad Air 2) et une tablette récente (Samsung Galaxy Tab S7 FE 5G). L’affichage est très fluide sur le PC portable et l’iPhone et un peu moins sur la tablette Samsung. Sur l’iPad Air 2, c’est clairement trop lent. Sur des équipements un peu anciens, PhotoPrism ne fonctionne pas bien. 

Il ne faut pas avoir peur de la ligne de commande

L’installation ne comporte pas de difficulté majeure, à condition d’être à l’aise avec les interfaces en ligne de commande, telle que PowerShell sur Windows.
Il faut en effet passer par là pour installer le conteneur dans Docker Desktop. Heureusement, tout est très bien expliqué sur le site de PhotoPrism (qui est toutefois en anglais). Une fois le conteneur en place, il suffit de lancer le serveur dans Docker Desktop, et l’application va procéder automatiquement à l’indexation des photos et des vidéos.
Cette tâche va prendre un certain temps, en fonction du nombre de photos que vous avez. Pour ma part, le processus a duré plus de 24 heures, mais il peut être interrompu. L’application redémarre là où elle s’est arrêtée. Pour les mises à jour, c’est pareil : il faut les faire à la main et par ligne de commande.

Une fois que la bête a été nourrie, il suffit d’ouvrir un navigateur Web pour accéder aux photos. Si vous êtes sur la machine où tourne le serveur, c’est l’adresse « http://localhost:2342 ».
Mais vous pouvez aussi utiliser un autre terminal s’il est connecté au même réseau local. Dans ce cas, il faut prendre l’adresse « http://:2342 ».
Le serveur PhotoPrism peut également être configuré pour être accessible depuis Internet, mais l’installation devient alors autrement plus compliquée. Il faut non seulement ouvrir un accès sur votre modem-routeur, mais aussi assurer le chiffrement des données par le biais d’un reverse proxy HTTPS. Ce que nous n’avons pas testé.

Une navigation par cartes très efficace

L’interface de PhotoPrism est sobre et plaisante, avec un grand espace pour les photos et un panneau latéral pour les menus fonctionnels. Les photos peuvent être affichées sous forme de listes et de mosaïques. Une option permet, de surcroît, de voir d’emblée certaines métadonnées comme la date de prise de vue, l’appareil photo utilisé et la géolocalisation.

Pour naviguer à travers les photos, l’utilisateur peut utiliser directement le moteur de recherche qui dispose d’une série de filtres comme la date, le pays, l’appareil photo ou le domaine thématique.
L’utilisateur peut également s’orienter vers les différents menus d’accès du panneau latéral. Si l’on clique sur « Lieux », on obtient une carte du monde dans laquelle on peut zoomer pour atteindre les photos qui disposent de données de géolocalisation. Ce qui est très sympa à faire.

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– Navigation par lieux

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– Navigation par lieux

La fonction « Calendrier », de son côté, regroupe toutes les photos par mois et par année. Là encore, ça fonctionne très bien. 

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– Navigation par date

Au travers du menu « Personnes », on obtient un classement par reconnaissance faciale de très bonne facture. L’algorithme de PhotoPrism crée automatiquement des clusters de personnes que l’on pourra regrouper sous un même nom s’il s’agit du même individu. L’utilisateur a donc ici un peu de travail, mais rien de très gênant. Le regroupement de clusters est une affaire de quelques minutes.

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– Navigation par reconnaissance faciale

En revanche, le classement par « Etiquettes » est beaucoup moins convaincant.
Ces « tags » sont le résultat d’une reconnaissance d’image assez large dans laquelle PhotoPrism cherche à identifier des thèmes comme l’architecture, les animaux, les gâteaux, les vélos, etc.
Mais il y a beaucoup d’erreurs dans la classification, ce qui gâche le plaisir. Pas ailleurs, le nombre de tags détectés a été assez faible (157). La recherche thématique par mots-clés atteint donc très rapidement ses limites, ce qui n’est pas le cas sur Google Photos ou Apple Photos.

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– Navigation par étiquettes

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– Les erreurs de classification sont nombreuses

La déception est encore plus grande avec la fonction « Moments » qui, soyons honnêtes, n’a que peu d’intérêt. PhotoPrism cherche à regrouper ici des photos par unité de temps et de lieu pour former des « souvenirs ». Parfois c’est pertinent, mais souvent on se retrouve face à un bric-à-brac incohérent. C’est assez étrange, car ce n’est pas une tâche qui semble très compliquée à première vue.

Que faut-il penser de PhotoPrism au final ? Ce logiciel est un excellent choix si votre but est d’avoir un gestionnaire de photos gratuit et multi-système, avec en prime de la reconnaissance faciale et une navigation par géolocalisation.
En revanche, PhotoPrism n’a pas (encore) le niveau pour remplacer Google Photos et Apple Photos sur le plan de la classification thématique. Mais cela viendra peut-être avec le temps.