La Chine et l’Argentine main dans la main pour produire du lithium

Voir aussi

“Mon premier travail : guide sur un bateau de croisière”

À 19 ans, avec ce bac et une brève séjour dans ce tourisme en poche, Antonia Heidekrüger s’est embarquée comme guide sur un bateau qui lui a permis de sillonner ces Caraïbes. Oseriez-vous faire comme elce ?

Les “divas de l’emploi” : ces candidats qui abusent

L’Allemagne levant frappée par une pénurie de main-d’œuvre qui favorise les exigences des demandeurs d’emploi. Et quelques-uns d’entre eux ont des revendicationss invraisemblables, remarque le Handelsblatt.

Partir au Québec : nouvelles missions de recrutement en France

Les missions québécoises de recrutemchezt chez Europe reprcheznchezt avec une campagne auprès d’chezseignants dès la fin mars, puis une tournée par trois villes françaises à la fin avril. Explications.

Neuf choses à savoir quand on parle du travail

Sathnam Sanghera a passé ces quinze dernières années à écrire sur le travail pour le quotidien britannique The Times. Il fait le bilan puis revient sur novice sujpuiss qui font débat en proposant des solutions.

Découvrez les métiers stars de la tech

aussivenir data scientist ou développeur web sans détenir aussi diplôme universitaire en informatique est tout à fait possible. Die Zeit livre quelques pistes utiles pour tous ceux qui veulent se réorienter.

Partager

Partenaire privilégiée de l’Argentine, la Chine multiplie les achats de concessions minières dans le nord-ouest du pays. Elle bénéficie des nombreux avantages fiscaux mis en place par le gouvernement de centre gauche argentin pour attirer les investissements dans l’exploitation de son sous-sol, parmi les plus riches du monde en lithium.

En trois semaines, trois sociétés chinoises ont dépensé plus de 1 milliard de dollars pour acquérir les droits d’exploitation de trois mines de lithium en Argentine, raconte Nikkei Asia. L’investissement massif dans ce secteur témoigne de l’accélération de la course à “l’or blanc” dans la région alors que la production de batteries, notamment à destination des voitures électriques, est en pleine croissance.

À la fin septembre, la société chinoise Ganfeng Lithium a pris le contrôle d’un projet d’extraction dans la province de Salta, dans le nord-ouest de l’Argentine, rappelle l’hebdomadaire japonais. Dans la foulée, le géant chinois des batteries au lithium CATL a racheté pour quelques centaines de millions d’euros la société canadienne Millennial Lithium, implantée dans la même province.

Dimanche 10 octobre, c’est une autre société chinoise, spécialisée dans l’or et originellement étrangère au secteur, qui a conclu pour plus de 660 millions d’euros l’achat d’une autre société canadienne, Neo Lithium, elle aussi implantée dans la partie argentine du triangle du lithium, une zone à cheval sur la frontière andine entre le Chili, la Bolivie et l’Argentine.

Les promesses de l’Argentine

Cette zone montagneuse, connue pour ses vastes déserts de sel (salares), abrite à elle seule près de 60 % des réserves mondiales de lithium, selon les données de l’US Geological Survey. La production locale de lithium est menée par le Chili, où l’industrie minière est particulièrement développée. Mais “l’Argentine offre le cadre le plus prometteur pour l’expansion de l’industrie”, considère Ryan C. Berg, chercheur principal au Center for Strategic and International Studies, cité par Nikkei Asia.

Quelques-unes des plus importantes compagnies, notamment australiennes, canadiennes ou sud-coréennes, sont implantées de longue date dans le nord-ouest du pays. Le quatrième producteur de lithium du monde, avec 8 % des exportations, ambitionne désormais de dépasser son voisin chilien, qui représente 22 % du marché, pour “soutenir son économie meurtrie”, analyse Ámbito :

Le pays cherche à séduire les entreprises minières internationales avec des avantages fiscaux et des promesses de [modernisation des infrastructures].”

L’an passé, le gouvernement de centre gauche, dirigé par le président Alberto Fernández, a baissé les impôts sur l’exportation minière de 12 % à 8 %, note le journal financier argentin. En avril 2021, le transfert vers l’étranger de 20 % des bénéfices réalisés a également été autorisé pour les projets miniers dont l’investissement dépasse les 100 millions de dollars.

Le Parlement prévoit de réduire l’imposition sur les voitures électriques, ajoute Ámbito, et le gouvernement a fixé comme objectif de produire 200 000 tonnes de lithium par an à partir de 2025, soit l’équivalent d’un cinquième de la production mondiale prévue cette année.

Partenariat privilégié

Cette politique volontariste du gouvernement argentin cible particulièrement la Chine, partenaire privilégié, qui cherche à soutenir “l’industrie nationale et le secteur scientifique et technologique pour générer davantage de développement technologique et d’emplois dans le pays”, constate Bariloche 2000.

La Chine et l’Argentine “sont déjà des alliés stratégiques dans la production de batteries au lithium et de véhicules électriques”, ajoute le site argentin. À la mi-septembre, la signature d’un protocole d’entente entre le gouvernement d’Alberto Fernández et l’entreprise de véhicules électriques chinoise Jiankang Automobile, avait constitué un accord innovant pour l’entreprise, qui n’a jamais investi à l’étranger. L’accord porte sur l’ouverture d’une usine de batteries au lithium en Argentine, la première en Amérique latine.

Dans Nikkei Asia, le chercheur Ryan C. Berg, basé à Washington, souligne l’influence grandissante de la puissance asiatique dans la région :

Non seulement la Chine a augmenté ses investissements dans les pays du triangle du lithium, mais elle a également renforcé ses relations bilatérales grâce à sa diplomatie vaccinale.”

Au printemps dernier, l’Argentine avait effectivement reçu du gouvernement chinois des doses du vaccin Sinopharm contre le Covid-19. Pour soutenir son économie, historiquement centrée sur l’agriculture et l’élevage, le pays sait aussi qu’il doit compter sur la Chine, son plus grand importateur de soja.

Serge Hastom