Swift : 5 minutes pour comprendre la menace financière que font peser les États-Unis sur la Russie

SWIFT. Ce sont cinq lettres que l’on peut parfois retrouver sur nos RIB ou lorsque l’on fait un virement. Cinq lettres derrière lesquelles se cache un réseau titanesque, permettant aux banques et autres institutions financières d’effectuer des transferts à travers le monde. Véritable menace ou simple avertissement ? Sous la pression des Américains, la Russie pourrait être déconnectée, en représailles à la situation autour de l’Ukraine, au risque de précipiter le pays de Vladimir Poutine dans une crise inimaginable.

Qu’est-ce que Swift ?

Derrière l’acronyme Swift on retrouve l’entreprise « Society for Worldwide Interbank Financial Telecommunication ». Basée en Belgique, cette société créée en 1979 a mis sur pied une sorte de messagerie hypersécurisée dédiée aux transactions financières. « Il s’agit d’un intermédiaire informationnel, permettant de faire la mise en relation entre deux banques », explique au Parisien Yamina Fourneyron, professeure de sciences économiques à l’Université de Lorraine et chercheuse au BETA. Ses services, selon l’entreprise, seraient aujourd’hui utilisés par plus de 11 000 institutions financières dans plus de 200 pays à travers le monde. Autrement dit, un géant dont personne ne peut a priori se passer.

Contrairement à ce qu’on peut penser, Swift « n’opère pas le transfert de fonds », relève Yamina Fourneyron. « Swift indique juste à une banque A que la banque B a fait une opération la concernant, cela permet donc que le compte du client soit débité et celui de l’autre client crédité », ajoute l’experte. Quand un partenariat est noué entre deux banques, la mission de Swift s’arrête là, « sinon elle cherche une banque tierce qui a un partenariat avec les deux banques afin de faire l’opération ». À l’international, SWIFT est l’équivalent de SEPA en Union européenne. Mais ce dernier, sous le giron de la Banque centrale européenne, n’oblige pas à ce que les banques aient des partenariats entre elles.

Pourquoi déconnecter la Russie ?

« Aucune option n’est exclue », a expliqué mardi la porte-parole de la Maison-Blanche, Jen Psaki, interrogée précisément sur ce point. La Russie serait de la sorte sanctionnée vis-à-vis de la situation en Ukraine, les États-Unis se préparant à une future invasion du pays par les troupes russes. « Ce serait une décision grave pour la Russie, mais aussi pour les compagnies européennes qui sont en Russie ou qui échangent avec elle », détaille au Parisien Carole Grimaud-Potter, professeure en géopolitique de la Russie à l’Université de Montpellier. « Cela aurait un impact sur tout le business international », ajoute-t-elle.

Ce n’est pas la première fois que l’Occident brandit la menace de débrancher la Russie du protocole SWIFT. En 2014, déjà en représailles de l’annexion de la Crimée par la Russie, le Parlement européen avait fait voter une résolution non contraignante « demandent à l’Union européenne d’envisager l’exclusion de la Russie (…) du système SWIFT ». La Russie n’avait finalement jamais été exclue. Déjà, à l’époque, les États-Unis avaient encouragé la mesure.

Une telle sanction ne serait toutefois pas inédite. Déjà aux manettes, avec le soutien de l’Union européenne, les Américains avaient contraint dès 2012 la société Swift à débrancher l’Iran, en proie à des sanctions sur fond de désaccords autour du nucléaire. Une mesure de nouveau prise par Donald Trump en 2018, en rétablissant des sanctions contre l’Iran. « C’est très handicapant pour un système bancaire que de se retrouver mis à l’écart », explique Thierry Coville, chercheur à l’IRIS, spécialiste de l’Iran. La Corée du Nord avait également été déconnectée en 2017, après des essais de tirs de missile.

Faut-il s’en inquiéter ?

Faut-il toutefois prendre au sérieux cette menace ? « J’ai été très clair, si en effet il envahit l’Ukraine », il y aura des « conséquences économiques comme il n’en a jamais vu », avait averti en décembre le président américain, Joe Biden, lors d’un échange avec Vladimir Poutine. La Russie déconnectée de Swift, « les deux partis en souffriront », étaye Carole Grimaud-Potter. La spécialiste voit plutôt dans les déclarations de Washington « un épouvantail » qu’une réelle menace. Thierry Coville relève : « Si le pays en face a des moyens de répondre, et la Russie en a, car elle exporte de l’énergie notamment, personne ne sera gagnant. »

L’Iran était parvenu à contourner le blocage de Swift. « Le processus a été de nouer des partenariats avec des banques qui étaient amies de l’Iran dans le but de pouvoir faire des virements à l’international », explique Yamina Fourneyron. Mais la condamnation en 2014 de la banque française BNP Paribas, pour notamment avoir aidé l’Iran, mais aussi le Soudan et Cuba, à contourner les sanctions américaines en faisant transiter des fonds, a pu doucher ces velléités. « Swift facilite la mise en contact, mais on peut encore faire les choses à l’ancienne », précise Yamina Fourneyron.

L’épisode d’aujourd’hui peut toutefois conforter un peu plus la Russie dans sa volonté de créer un système parallèle. Lancé en 2014, conséquence directe de la première menace de coupure, le SPFS (pour « Système de transfert de messages financiers ») est aujourd’hui à l’œuvre. Preuve de la volonté russe de passer outre la suprématie américaine, Moscou a signé des contrats en Chine, en Inde ou en Iran pour étendre son système, avec l’ambition de voir 30 % des transactions vers la Russie passer par le SPFS en 2023. En décembre dernier, sur fond de tensions avec l’Occident, toutes les banques de Biélorussie ont migré vers le système russe. La Chine a, de son côté, lancé le CIPS pour concurrence Swift. De quoi diviser encore un peu plus les puissances.

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