Venom – Let there be carnage d’Andy Serkis : critique

Synopsis : Environ un an après avoir affronté Riot, Eddie Brock « cohabite » toujours avec le symbiote Venom. Eddie tente de relancer sa carrière de journaliste d’investigation. Il se rend alors en prison pour interviewer le tueur en série Cletus Kasady. Il ignore que ce dernier est lui aussi l’hôte d’un symbiote, Carnage.

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Venom Let there be carnage – affiche

Quand on parle de film de super-vilain, l’enjeu crucial est de parvenir à rendre le personnage suffisamment sympathique pour créer de l’empathie chez le spectateur, mais mais pas trop pour conserver au personnage sa figure de méchant. Si l’écurie DC semble arriver à un certain degré de maturité avec ses récents The Suicide Squad et Joker, force est de constater que côté Marvel, on n’en est encore qu’aux balbutiements. Cela a pu donner Deadpool et le premier Venom, dont la première partie plutôt intéressante était complètement occultée par son final où le personnage devenait juste un héros comme les autres, dans la même veine que le Suicide Squad. Même le méchant, incarné par Riz Ahmed, passait d’un intéressant décalque malfaisant d’Elon Musk à une caricature de super-vilain sur la fin. Mais quand Andy Serkis, roi de la motion capture et inoubliable Gollum, a été annoncé à la réalisation de la suite, beaucoup y avaient vu une lueur d’espoir pour la franchise, dont le deuxième épisode introduirait l’iconique personnage de Carnage. Autant le dire tout de suite : tout espoir est abandonné à la sortie du film. On a rarement vu plus mauvais dans tout l’univers super-héroïque au cinéma. En réalité, ce deuxième film Venom n’est même pas à classer dans le registre super-héroïque. Si l’on se fie à sa première moitié, on peut carrément parler de comédie romantique, tant la relation entre Eddie et Venom rappelle les pires épisodes de Scènes de Ménages.

 

Venom Let there be carnage1

 

Ce seul constat pourrait suffire à dégouter les fans du symbiote, tant le film s’acharne à détruire méthodiquement toute son aura inquiétante. Cette extermination en règle culmine dans la scène, iconique tant elle gêne, de la boîte de nuit, où Venom fait une sorte de « coming-out » et regrettant le rejet de son « ami » Eddie, jouant dans un cynisme décomplexé sur les codes d’un sujet qui n’a rien de super-héroïque. Tout le long du film, qui a la courtoisie de ne durer qu’une heure et demie, les chamailleries entre Venom et Eddie feront progressivement régresser le personnage jusqu’à une mentalité d’enfant de 5 ans, qu’il faudra convaincre d’arrêter de bouder pour venir à bout du couple de méchants.

 

Dans le rôle des méchants, il y a tout d’abord Woody Harrelson, brièvement introduit dans le générique du premier Venom, et choisi dans un écho à sa prestation dans Tueurs Nés. Mais qu’elle est loin la direction d’Oliver Stone ! Harrelson est dans le surjeu constant, portant un Cletus Kasady auquel personne ne peut croire, capable des pires atrocités pour ensuite oser à la fin le cliché usé jusqu’à l’os de « Tout ce que je cherchais, c’était à avoir des amis ». Qu’il s’agisse de son look comme de ses perruques, dès le premier coup d’œil le personnage perd toute once de charisme et de crédibilité.

 

Venom Let there be carnage1

 

L’une des rares scènes qui fonctionnent dans le film est celle de sa condamnation à mort, quelques instants après avoir reçu une partie du symbiote d’Eddie. Carnage se révèle dans une scène qui a un certain potentiel horrifique. Mais dès le premier plan sur le personnage, on se retrouve plus face à une bouillie indigeste d’effets numériques que face à un méchant iconique. La tornade dans laquelle il se déplace, qui n’est pas sans rappeler The Mask, achève tout espoir de voir le personnage traité correctement.

 

À ses côtés, on retrouve son amourette de jeunesse, la mutante Shriek, jouée par une Naomie Harris soit absente, soit trop présente. Dotée d’un pouvoir de « super-cri » intéressant, elle sera néanmoins cantonnée au rôle de side-kick, évidemment puisque son superpouvoir empêche les symbiotes de sortir. Elle reste toutefois plus impactante que Michelle Williams, qui est au film ce que Toad est à l’univers de Super-Mario, à savoir un simple passe-plat. Accompagnée du policier incarné par Stephen Graham, elle n’est là que pour cavaler après Eddie Brock, pour lui apporter une information, ou encore pour servir de demoiselle en détresse dans la scène finale à l’église. Là aussi, le décor pouvait laisser espérer un final plein de panache, mais seuls quelques plans furtifs auront un impact.

 

On pourrait penser être face à un authentique nanar tant la communication autour du film a voulu vendre sa qualité. Mais impossible de ne pas voir poindre le cynisme de cette franchise, jusqu’à sa scène post-générique, qui vient assombrir les espoirs que pouvaient porter la fin d’année chez Marvel. Un film qui se paye des talents comme Robert Richardson, directeur de la photographie des meilleurs films de Stone, Tarantino et Scorsese, ou encore Marco Beltrami, compositeur pour les quatre Scream, et qui pourtant rate absolument tout ce qu’il entreprend, du début jusqu’à la fin. On en vient à regretter le Venom de Topher Grace…

 

Théotime Roux

 

  • VENOM : LET THERE BE CARNAGE
  • Sortie salles : 20 octobre 2021
  • Réalisation : Andy Serkis
  • Avec : Tom Hardy, Woody Harrelson, Michelle Williams, Naomie Harris, Stephen Graham, Reid Scott, Peggy Lu, Sian Webber, Little Simz, Scroobius Pip…
  • Scénario : Kelly Marcel & Tom Hardy
  • Production : Avi Arad, Amy Pascal & Matt Tolmach
  • Photographie : Robert Richardson
  • Montage : Maryann Brandon & Stan Salfas
  • Décors : Oliver Scholl
  • Costumes : Marco Scotti & Joanna Eatwell
  • Musique : Marco Beltrami
  • Distribution : Sony Pictures
  • Durée : 1h37

 

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