Guerre en Ukraine : civils bloqués à Marioupol, fin du couvre-feu à Kiev, l’armée russe diminuée… le point sur ce 28e jour de combats

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Ce qui aurait dû être une invasion rapide pourrait finalement se transformer en guerre d’usure. Voilà déjà près d’un mois que l’armée a entamé les combats en Ukraine, et si la situation se dégrade de jour en jour pour les civils et que les bombardements sont nombreux, la Russie ne contrôle qu’une seule grande ville, Kherson.

100 000 personnes toujours bloquées à Marioupol

Dans la ville portuaire, encerclée par l’armée de Vladimir Poutine et bombardée régulièrement, au moins 100 000 civils sont toujours bloqués dans « des conditions inhumaines ». Selon le président ukrainien, le siège de Marioupol est « total, sans nourriture, sans eau, sans médicaments ».

Selon la municipalité de la ville – stratégiquement située entre la Crimée (sud), occupée par Moscou depuis 2014, et le territoire séparatiste de Donetsk (est) – deux « bombes superpuissantes » sont tombées, mais le bilan des victimes n’a pas été dressé pour le moment. « Ce n’est pas la guerre, c’est un génocide », a déclaré la procureure générale d’Ukraine, Iryna Venediktova, car « les théâtres de guerre ont des règles, des principes. Ce que nous voyons à Marioupol, (c’est) l’absence totale de règles ».

Nouvel échec des couloirs humanitaires

Trois couloirs humanitaires devaient être ouverts, ce mardi, entre trois localités près de Marioupol et Zaporojie, à 250 km au nord-ouest. Mais, selon Volodymyr Zelensky, « toutes nos tentatives, malheureusement, sont réduites à néant par les occupants russes. Avec des bombardements ou une terreur évidente ».

Le président ukrainien a même assuré qu’un convoi humanitaire avait été « capturé par les occupants et sur l’itinéraire convenu, d’ailleurs, près de Mangush. Des membres du Service national des situations d’urgence (SESU) et des chauffeurs sont désormais retenus en captivité ».

Un bombardement russe sur un quartier résidentiel de Kiev

Un quartier résidentiel du nord-ouest de Kiev, Nyvky, a été la cible mercredi matin d’un bombardement russe qui a fait quatre blessés légers et endommagé plusieurs habitations. Des tirs d’artillerie se sont abattus en début de matinée sur cette partie de la capitale ukrainienne la plus proche de la ligne de front, à environ cinq kilomètres. Une maison a été totalement détruite et incendiée, plusieurs immeubles ont été grêlés de shrapnels et leurs vitres soufflées, a-t-on constaté. Des vitrines de commerces voisins ont été également brisées et des arbres de ce quartier résidentiel décapités.

Une nouvelle frappe sur le parking d’un centre commercial a fait un mort et deux blessés, a indiqué le maire de la capitale Vitali Klitschko mercredi en fin de journée. Kiev reste un objectif de l’armée russe, mais celle-ci est bloquée au nord-ouest et à l’est de la ville. Elle a dû reculer ces derniers jours sur plusieurs de ces fronts, a affirmé le maire.

Les rangs russes diminués ?

Un haut responsable du Pentagone a avancé, ce mardi soir, que, « pour la première fois », les Russes étaient passés « un peu en dessous de 90 % de leur puissance de combat disponible » massée en Biélorussie et à la frontière russo-ukrainienne. Des sources du renseignement américain, citées par le New York Times, avancent que plus de 7000 soldats russes ont été tués depuis le début de la guerre. Le même quotidien américain, s’appuyant sur des sources du Pentagone, explique que la perte de 10 % d’effectifs militaires d’une armée (morts ou blessés) entrave fortement sa capacité à combattre.

Les Russes « ne conduisent pas leurs opérations avec la coordination qu’on aurait pu attendre d’une armée moderne », a expliqué sur CNN le porte-parole de la défense américaine, John Kirby. Un constat également dressé par l’Allemagne. L’offensive russe « s’enlise malgré toutes les destructions qu’elle provoque jour après jour », a estimé Olaf Scholz, le chancelier allemand, ce mercredi.

Zelensky devant le Parlement français

En tee-shirt militaire kaki, le président ukrainien a demandé au pays des droits de l’Homme son aide pour mettre fin à une « guerre contre la liberté, l’égalité et la fraternité », reprenant la devise tricolore. Il a ensuite exhorté les entreprises françaises implantées en Russie à cesser de soutenir « la machine de guerre » russe et à quitter ce pays, citant Renault, Auchan et Leroy Merlin.

Plusieurs standing ovations en l’honneur du chef de l’État ukrainien ont ponctué cette séance exceptionnelle marquée par une minute de silence à sa demande « en mémoire » des victimes depuis un mois de l’invasion russe.

Plusieurs images des villes d’Ukraine « rappellent les ruines de Verdun » lors de la Première Guerre mondiale, a encore déclaré Zelensky, dans une autre référence à l’histoire française. Il s’est dit à plusieurs reprises « reconnaissant » envers les efforts de la France pour mettre fin au conflit, et en particulier au président Emmanuel Macron qui a fait preuve d’un « véritable leadership » dans cette crise.

Kiev appelle les Occidentaux à livrer « des armes offensives »

Le chef de cabinet du président ukrainien a appelé les Occidentaux à livrer « des armes offensives » avant un sommet extraordinaire de l’Otan consacré à l’invasion de l’Ukraine par la Russie et auquel Volodymyr Zelensky s’adressera par visioconférence. « Nos forces armées et nos citoyens tiennent bon avec un courage surhumain, mais on ne peut pas gagner une guerre sans armes offensives, sans missiles à moyenne portée, qui peuvent être un moyen de dissuasion », a plaidé Andriy Yermak, dans une vidéo publiée mardi soir sur Telegram.

« Sans un programme du type Lend-Lease, nous ne pouvons que nous défendre », a-t-il fait valoir, en référence au programme d’armement mis en place par les Etats-Unis au début de la Deuxième guerre mondiale pour aider militairement les pays alliés. « Il est impossible de se défendre efficacement pendant longtemps sans un système de défense aérienne fiable, capable d’abattre des missiles ennemis à longue portée », a argué Yermak.

Moscou accuse les États-Unis d’entraver les négociations

Moscou a accusé mercredi les États-Unis d’entraver les « difficiles » négociations russo-ukrainiennes, estimant que le but de Washington était de « dominer » l’ordre mondial, y compris par le biais des sanctions. « Les négociations sont difficiles, la partie ukrainienne change constamment sa position. Il est difficile de se débarrasser de l’impression que nos collègues américains les tiennent par la main », a déclaré le ministre russe des Affaires étrangères Sergueï Lavrov devant des étudiants.

La partie ukrainienne a qualifié de son côté de « difficiles » les pourparlers menés avec la Russie en vue d’une cessation des hostilités, comme Moscou l’avait fait un peu plus tôt, même si les deux parties se rejetaient la responsabilité des blocages. « Les pourparlers se déroulent de façon assez difficile car la partie ukrainienne a des positions claires et de principe », a affirmé le négociateur en chef côté ukrainien, Mykhaïlo Podoliak, dans des commentaires écrits envoyés aux journalistes.

La France veut des « garanties de sécurité »

« Nous faisons le choix de maintenir un canal de dialogue avec Vladimir Poutine parce que c’est la demande du président Zelensky », a assuré le porte-parole du gouvernement Gabriel Attal. « Cela permet aussi de pouvoir obtenir des garanties de sécurité (…) même si elles sont minimes », notamment sur la question de la sécurité nucléaire, assure le porte-parole du gouvernement.