Guerre en Ukraine : 100 000 personnes toujours bloquées dans «l’enfer glacial» de Marioupol

Voir aussi

Jubilé d’Elizabeth II : Meghan et ce prince Harry seront absents du balcon de Buckingham

Jubilé d’Elizabeth II : Meghan et un prince Harry seront absents du balcon de Buckingham

rivalité en Ukraine : la France va apporter 300 millions de dollars d’aide supplémentaires

Guerre chez Ukraine : la France va apporter 300 millions de dollars d’aide supplémcheztaires

Avortement aux Etats-Unis : le gouverneur de l’Oklahoma fondement l’une des lois les plus restrictives

étouffement aux Etats-Unis : le gouverneur de l’Oklahoma signe l’une des lois les plus restrictives

Partager

Ville martyre. Environ 100 000 personnes sont encore bloquées sous les bombes russes dans Marioupol assiégée, près d’un mois après le début de l’invasion de l’Ukraine par les forces russes, qui ne contrôlent qu’une grande ville mais en bombardent toujours plusieurs.

La proposition du président ukrainien Volodymyr Zelensky de rencontrer son homologue russe Vladimir Poutine pour dégager des « compromis », y compris sur les territoires occupés de la Crimée et du Donbass, est restée lettre morte mardi, les Russes espérant un processus de négociations « plus énergique, plus substantiel », selon Dmitri Peskov, le porte-parole de la présidence russe.

En attendant l’éventuelle amorce d’un cessez-le-feu, « près de 100 000 personnes dans des conditions inhumaines » sont piégées dans les ruines de Marioupol, « en état de siège total, sans nourriture, sans eau, sans médicaments, sous des bombardements constants », a alerté M. Zelensky dans une vidéo publiée mercredi à l’aube.

« Bombes superpuissantes » sur Marioupol

Le président ukrainien doit s’adresser aux parlements français et japonais mercredi, en prélude à une fin de semaine à haute activité diplomatique : jeudi, un mois jour pour jour après le déclenchement de l’invasion, les Occidentaux se réuniront à Bruxelles pour des sommets de l’Otan, du G7 et de l’Union européenne. A la clé, « de nouvelles sanctions contre la Russie », selon Jake Sullivan, conseiller à la sécurité nationale de Joe Biden. Le président américain se rendra ensuite en Pologne, pays qui accueille la plupart des 3,5 millions de réfugiés ukrainiens.

VIDEO. « Une fille de 6 ans est morte de soif » : l’enfer de Marioupol raconté par son maire adjoint

Marioupol, ville portuaire majoritairement russophone et stratégiquement située entre la Crimée (sud), occupée par Moscou depuis 2014, et le territoire séparatiste de Donetsk (est), est bombardée depuis des semaines par les Russes. Elle a été visée mardi par deux « bombes superpuissantes », selon la municipalité, qui n’a pas donné de bilan. Des images satellite prises mardi matin par l’entreprise américaine Maxar et distribuées à l’AFP montraient la dévastation de quartiers résidentiels, infrastructures civiles et usines.

Des chars russes ont pénétré dans la ville, et un haut responsable du Pentagone a affirmé mardi soir que la stratégie russe s’appuyait désormais sur « des tirs à longue portée en centre-ville », observés par les Américains « depuis les dernières 24 heures ». Des habitants ayant fui Marioupol ont décrit à l’ONG Human Rights Watch « un enfer glacial, avec des rues jonchées de cadavres et de décombres d’immeubles détruits ».

« Ce n’est pas la guerre, c’est un génocide »

« Ce n’est pas la guerre, c’est un génocide », a déclaré mardi à l’AFP la procureure générale d’Ukraine, Iryna Venediktova, car « les théâtres de guerre ont des règles, des principes. Ce que nous voyons à Marioupol, (c’est) l’absence totale de règles ». Le président Zelensky a dénoncé mardi soir la capture par les Russes d’un convoi humanitaire. Pour la fourniture de vivres et de médicaments, « toutes nos tentatives, malheureusement, sont réduites à néant par les occupants russes. Avec des bombardements ou une terreur évidente », a-t-il déploré.

PODCAST. Kiev, Mykolaïv… avec nos reporters au cœur de la résistance ukrainienne

Le secrétaire général de l’ONU, Antonio Guterres, s’est élevé mardi contre une guerre « absurde » et « ingagnable, et a jugé que « même si Marioupol tombait, l’Ukraine ne pourrait pas être conquise ville par ville, rue par rue, maison par maison ». Les forces russes ont continué par ailleurs en ce début de semaine à bombarder d’autres villes ukrainiennes : Kiev, Kharkiv, Odessa, Mykolaïv, Tcherniguiv… Avec toujours plus de victimes chez les civils.