Guerre en Ukraine : Kiev assiégée, offensive à l’Ouest, pourparlers… le point au 19e jour des combats

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Ce lundi, c’est la rentrée en Ukraine. Combien d’enfants pourront-ils revenir en classe ? Et pour combien de temps ? Au 19e jour des combats, aucune issue ne se dessine : la guerre éclair n’a pas eu lieu, les soldats russes s’enlisent et pilonnent jusqu’aux villes de l’Ouest.

Une guerre d’usure, qui tue de nombreux civils, privés d’eau et d’électricité, enfermés dans des villes assiégées. Jusqu’à présent, les discussions pour les évacuer ont échoué, mais de nouveaux pourparlers sont prévus ce lundi. Kiev, Marioupol, Kharkiv, ces grandes villes stratégiques résistent, mais payent un lourd tribut.

Des bombes à l’Ouest

Après Lutsk et Ivano-Frakivsk, municipalité à l’Ouest de l’Ukraine, relativement épargné au début du conflit, les bombes russes frôlent la Pologne, membre de l’Otan. Ce week-end, elles ont explosé la base militaire de Yavoriv, utilisée pour acheminer des armes occidentales. « 180 mercenaires étrangers éliminés », décompte le ministère de la Défense russe. Pour Kiev, seuls les Ukrainiens ont été touchés, 35 morts à une vingtaine de kilomètres de la frontière européenne. Raison de plus pour interdire le survol de l’Ukraine, pour le président, Volodymyr Zelensky. Sinon des « roquettes russes » tomberont sur les États membres de l’Otan, a-t-il exhorté.

Une demande maintes fois rejetée, car équivalente à une entrée en guerre, alors que ce lundi, 30 000 soldats de l’Otan doivent manœuvrer en Norvège. Un exercice prévu avant la guerre qui doit aussi servir de message adressé à Poutine : L’exercice « ne se tient pas à cause de l’attaque (…) mais vu la toile de fond, il revêt une signification accrue », a confié à l’AFP le ministre norvégien de la Défense, Odd Roger Enoksen.

Le sud, victime principale de Poutine

Dans le sud du pays, la Russie a resserré son étreinte, si l’on en croit le ministère britannique de la Défense, qui a tweeté que les forces navales russes avaient « établi un blocus à distance de la côte ukrainienne de la mer Noire, isolant de fait l’Ukraine du commerce maritime international ». La ville portuaire de Mykolaïv avait encore été visée par des bombardements dimanche, faisant neuf morts, selon les autorités.

Plus à l’est, la situation reste dramatique à Marioupol, ville assiégée qui attend toujours l’arrivée d’un convoi d’aide humanitaire. Un conseiller du maire, Petro Andryushchenko, a indiqué dimanche soir à l’AFP que les véhicules avaient dû faire demi-tour à cause de tirs russes incessants. Cette cité portuaire manque de tout, et 2 187 habitants y ont été tués depuis le début de l’offensive russe selon la municipalité. La Cour pénale internationale (CPI) a ouvert une enquête sur d’éventuels crimes de guerre commis en Ukraine par la Russie.

Kiev en état de siège, Kharkiv pilonnée

Au nord, Kiev est désormais « une ville en état de siège », selon les mots d’un conseiller du président ukrainien. Ses habitants ont fait des provisions de vivres et de médicaments et les autorités installé des barricades, face à l’étau russe se resserrant toujours plus sur la capitale.

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Dans la nuit de dimanche à lundi, l’armée de l’air ukrainienne a annoncé que des avions russes tentaient de bombarder les positions défensives ukrainiennes dans la région. Ce matin, au moins deux habitants de la capitale sont décédés, suite à une frappe contre un immeuble. La ville reste relativement épargnée du feu russe : elle est considérée comme le berceau de la civilisation russe.

Plus globalement à l’est, les combats restent intenses. « Combat imbriqué autour de Soumy et de plusieurs poches de résistance. Combats indécis dans la région de Kharkiv. Combats importants dans la région d’Izium au Sud-Est de Kharkiv », énumérait dimanche sur Twitter l’ancien colonel français Michel Goya.

Reprise des pourparlers alors que bilan s’alourdit

Une nouvelle session de pourparlers entre responsables russes et ukrainiens se tient lundi matin en visioconférence, sous des auspices plus positifs que les précédentes. Enlisé, et durement frappé par les sanctions économiques, Moscou aurait arrêté de lancer des ultimatums et commencé à « écouter », selon un tweet d’un des conseillers de Zelensky.

Dimanche soir, un négociateur russe a fait état de « progrès significatifs ». « Mon attente personnelle est que ces progrès aboutissent très prochainement à une position commune entre les deux délégations et à des documents à signer », a ajouté Léonid Sloutski, cité par les agences de presse russes, alors que les discussions organisées en Turquie la semaine dernière n’avaient rien donné.

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Des milliers de militaires ont perdu la vie depuis le lancement de l’invasion russe du territoire ukrainien, le 24 février : Kiev faisait état samedi d’ « environ 1 300 » soldats ukrainiens tués, et Moscou de 498 morts dans ses rangs (unique bilan côté russe, annoncé le 2 mars), alors que le Pentagone parlait de 2 000 à 4 000 morts russes en 14 jours.

Côté civil, au moins 596 personnes ont péri, selon un décompte de l’ONU qu’elle estime sans doute très inférieur à la réalité. Un premier journaliste est mort dimanche, l’Américain Brent Renaud, et plusieurs agences onusiennes ont exigé le même jour l’arrêt des attaques contre les personnels et infrastructures de santé en Ukraine.

Rencontre sino-américaine sous haute tension

De hauts responsables américains et chinois doivent se rencontrer lundi à Rome, selon la Maison Blanche qui s’inquiète d’une possible assistance de Pékin à Moscou. Le New York Times a avancé dimanche, en citant des responsables américains anonymes, que la Russie avait demandé l’aide économique et militaire de la Chine pour mener la guerre et contourner les sanctions occidentales.

« Il y aura absolument des conséquences en cas d’importantes actions visant à contourner les sanctions », a prévenu sur CNN Jake Sullivan, le conseiller à la sécurité nationale du président américain Joe Biden. Si elle apporte son aide à la Russie, « la Chine s’exposerait à des sanctions substantielles et se transformerait en paria ; refuser garderait ouverte la possibilité d’une coopération » avec l’Occident, a tweeté le diplomate américain Richard Haass, du think tank Council on Foreign Relations.

Le président français Emmanuel Macron, qui parle régulièrement avec Vladimir Poutine pour tenter de l’amener à un cessez-le-feu, s’est entretenu avec M. Biden pour convenir de « renforcer les sanctions », puis avec M. Zelensky, selon la présidence française. La Russie accuse l’Occident de vouloir orchestrer « un défaut de paiement artificiel », avec ses sanctions économiques. Preuve qu’elle provoque d’importants dégâts.