Comment Google Maps a permis de suivre l’invasion russe en Ukraine

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Google Maps est utilisé quotidiennement par des millions d’utilisateurs, parfois même sans que ces derniers en soient conscients. Dernière preuve en date, l’histoire rapportée par le Washington Post, qui explique comment l’application de cartographie de Google a pu être utilisée par des chercheurs pour suivre l’invasion de l’Ukraine par les troupes russes.

Le Dr. Jeffrey Lewis, professeur au Middleburry Institute of International Studies, a découvert dans la nuit du 23 février dernier, l’émergence d’un étrange embouteillage à proximité de la frontière ukrainienne, autour de 3 h 15 du matin, peu de temps avant le début officiel de l’invasion de l’Ukraine par l’armée russe.

According @googlemaps, there is a « traffic jam » at 3:15 in the morning on the road from Belgorod, Russia to the Ukrainian border. It starts *exactly* where we saw a Russian formation of armor and IFV/APCs show up yesterday.
Someone’s on the move. pic.twitter.com/BYyc5YZsWL

— Dr. Jeffrey Lewis (@ArmsControlWonk) February 24, 2022

Si le chercheur et ses étudiants ont décidé de consulter Google Maps, c’est parce qu’ils ont pu voir sur des images satellites des chars russes ainsi que d’autres véhicules militaires de l’armée de Poutine proche de ce même lieu. Pour le chercheur, l’intensité du trafic enregistrée par Google Maps ne provient pas des smartphones des militaires russes, mais des civils ukrainiens tentant de fuir et se retrouvant bloqués aux barrages routiers. C’est en effet en collectant les données de localisation des utilisateurs que l’application est en mesure de fournir des informations sur le trafic routier, la fermeture de routes, ou encore sur la fréquentation de certains lieux.

« Autrefois, nous aurions compté sur un journaliste pour nous montrer ce qu’il se passe sur place. Aujourd’hui vous pouvez ouvrir Google Maps et voir les gens fuir Kyiv » a déclaré Lewis au Washington Post.

Ces derniers jours, Google Maps est devenu un précieux outil aussi bien pour les civils que pour les soldats présents en Ukraine.

Un ingénieur de Google a montré dans un tweet qu’en quelques jours, les Ukrainiens qui avaient arrêté de travailler pour fuir avaient massivement cessé d’utiliser Google Docs… au profit de Google Maps.

Sources : The Verge, Washington Post