Guerre en Ukraine : explosions autour de Kiev, villes du sud encerclées… l’offensive russe se poursuit

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Pour la première fois en quatre jours, Volodymyr Zelensky a dû s’autoriser quelques heures de sommeil. Contrairement à samedi, le président ukrainien n’a pas passé la nuit et l’aube à enregistrer des messages aux Ukrainiens, parler aux dirigeants occidentaux pour obtenir leur aide, ni appelé à opposer un mur à l’avancée russe. Pourtant, au quatrième jour de l’offensive de Moscou sur l’Ukraine, les combats se poursuivent, plus intenses que la veille. Tôt ce dimanche, Vladimir Poutine a salué les forces spéciales « qui accomplissent héroïquement leur devoir militaire » en « assistant » les séparatistes pro-russes du Donbas. Le président russe soutient que l’invasion – mot proscrit en Russie – est une opération de « maintien de la paix ». « La nuit passée fut dure, de nouveau des tirs, de nouveau des bombardements de quartiers habités, d’infrastructures civiles. Il n’y a aujourd’hui rien que l’occupant ne considère pas comme une cible légitime », a ensuite réagi Zelensky.

Les Russes annoncent une percée à Kharkiv

C’est la deuxième ville du pays par sa taille et son importance économique. Vers 1 heure du matin, la ville résistait mais trois heures plus tard, « il y a eu une percée des véhicules légers de l’ennemi russe dans la ville de Kharkiv, y compris dans la partie centrale », a indiqué sur Facebook un responsable local, Oleg Sinegoubov, indiquant que les combats se poursuivaient et appelant les quelque 1,4 million d’habitants à ne pas sortir de chez eux.

Selon la chaîne de télévision russe Dozhd, d’intenses bombardements sont en cours ce dimanche matin sur Kharkiv et l’AFP a vu des blindés légers abandonnés ou en feu dans les rues, tandis que les coups de feu et les explosions sporadiques résonnent dans la ville. Les habitants qui n’ont pas pu partir se terrent. Samedi soir, les services d’urgence avaient annoncé la mort d’une femme après qu’un immeuble résidentiel de neuf étages a été touché par « l’artillerie ennemie ».

À Kiev, les Russes se concentrent sur les aérodromes

La capitale, sous couvre-feu jusqu’à lundi matin, s’est transformée en camp retranché, les forces ukrainiennes organisant de nombreux points d’ancrage dans la ville, comme l’ont constaté nos envoyés spéciaux, mais les forces russes ne sont encore que sporadiquement dans son enceinte. Selon un hôpital local, un garçon de 6 ans a péri samedi soir dans des tirs nourris dans son quartier de l’ouest de la ville.

Les troupes russes essaient de resserrer leur étau autour de Kiev, visant les villes disposant d’aérodromes pour y faire atterrir plus de troupes. Samedi soir tard, l’artillerie a frappé Vasylkiv, à une trentaine de kilomètres au sud-ouest, mettant le feu à un terminal pétrolier. « L’ennemi veut tout détruire autour », a déclaré la maire de Vasylkiv Natalia Balasinovich dans une vidéo. Des photographies et des vidéos mises en ligne montraient de grandes flammes et des fumées toxiques. La ville de Vasylkiv est centrale pour les Russes : elle dispose d’un grand aérodrome militaire et de plusieurs réservoirs de carburant.

Selon CNN, avant l’aube ce dimanche, deux fortes explosions ont illuminé le ciel au sud-ouest de Kiev, l’une des détonations semblant se situer à environ 20 km du centre-ville. Selon des images de surveillance, les forces russes auraient aussi visé un site d’élimination de déchets radioactifs proche de la capitale. L’Inspection d’État de la réglementation nucléaire de l’Ukraine a mené une rapide inspection et rassuré les habitants qui vivent alentour.

À une petite trentaine de kilomètres de la capitale, à Hostomel, visée dès jeudi par les Russes du fait de son aéroport, les forces ukrainiennes assurent avoir détruit samedi une division de 56 chars.

Знищено Магомеда Тушаєва, керівника 141 моторизованого полку кадировської гвардії!??? pic.twitter.com/BHmoCGOKJU

— ВОЇНИ УКРАЇНИ?? (@ArmedForcesUkr) February 26, 2022

Le général Magomed Tushayev, bras droit du chef de la République tchétchène Ramzan Kadyrov, aurait été tué. L’information n’a pas été confirmée de source indépendante.

Deux grandes villes du sud encerclées

L’armée russe a affirmé au petit matin avoir encerclé deux grandes villes du sud de l’Ukraine, Kherson et Berdiansk. « Au cours des dernières 24 heures, les forces armées russes ont complètement bloqué les villes de Kherson et de Berdiansk », qui comptent respectivement 290 000 et 110 000 habitants, a indiqué le ministère russe de la Défense. « La ville de Guenitchesk et l’aérodrome de Tchernobaïevka près de Kherson ont également été pris sous contrôle », a poursuivi le ministère russe. De source ukrainienne, la ville de Nova Kakhovka, dans la banlieue de Kherson est entièrement sous le contrôle des troupes russes. Selon le maire Vladimir Kovalenko, ils ont retiré tous les drapeaux ukrainiens des bâtiments publics.

La Biélorussie se ligue aux combats ?

Les forces armées ukrainiennes annoncent sur Twitter avoir détruit un missile de croisière tiré sur Kiev depuis le territoire de la République de Biélorussie par un avion TU-22.

❗❗❗Повітряні Сили ЗС України кілька хвилин тому збили крилату ракету, випущену по столиці України з території Республіки Білорусь літаком ТУ-22.
Це черговий воєнний злочин РБ і РФ.https://t.co/Up3Bme3h5v

— ВОЇНИ УКРАЇНИ?? (@ArmedForcesUkr) February 27, 2022

Une délégation russe en Biélorussie se dit prête à négocier

Dmitri Peskov, le porte-parole de Vladimir Poutine a annoncé qu’une délégation composée de représentants des ministères russes des Affaires étrangères et de la Défense, et du Kremlin, était arrivée en Biélorussie pour ouvrir des négociations avec les Ukrainiens. « Nous serons prêts à commencer ces négociations à Homiel », 2e ville de Biélorussie, situe à 40 km de la frontière ukrainienne, a-t-il dit.

Samedi, le même Peskov a affirmé que Vladimir Poutine avait ordonné aux troupes russes de ralentir vendredi, pour laisser le temps à l’Ukraine de répondre à sa proposition de négociations. Kiev avait démenti que Moscou ait tendu la main. Dans une vidéo postée sur Télégram ce dimanche, le président russe Volodymyr Zelensky se dit prêt à discuter avec la Russie, mais uniquement dans un pays « d’où les missiles ne volent pas ». « Nous voulons parler, nous voulons mettre fin à la guerre », dit-il aussi.

L’Allemagne et la Finlande ferment leur espace aérien aux avions russes

L’Allemagne était le dernier pays européen à ne pas avoir annoncé cette nouvelle. « Le ministre des Transports, Volker Wissing, est favorable à la fermeture de l’espace aérien allemand aux avions russes » et « a pris des dispositions pour que tout soit prêt à cet effet », a indiqué un porte-parole samedi soir peu avant minuit. La Lufthansa, craignant des menaces de rétorsion, avait annoncé quelques heures plus tôt suspendre pour une semaine ses vols vers et au-dessus de la Russie.

Quant à la Finlande, qui partage une frontière de plus de 1 300 km avec son voisin russe, elle « se prépare à fermer l’espace aérien au trafic aérien russe », a déclaré le ministre des Transports Timo Harraka dans un tweet publié dans la nuit de samedi à dimanche.