Ukraine : ce que l’on sait sur l’opération militaire lancée par Poutine

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En plein conseil de sécurité de l’ONU, alors que le secrétaire général Antonio Guterres s’adressait directement à Vladimir Poutine pour l’exhorter à « ne pas attaquer l’Ukraine », le président russe a pris la parole dans une allocution surprise à l’aube pour annoncer une opération militaire visant à défendre les séparatistes de l’est du pays, malgré le tollé international et les sanctions infligées ces dernières heures par l’Occident. Vous pouvez suivre la situation minute par minute ce jeudi dans notre direct.

Qu’a dit Vladimir Poutine ?

« J’ai pris la décision d’une opération militaire spéciale », a annoncé à l’aube Vladimir Poutine dans une déclaration surprise à la télévision, sans préciser si cette intervention se limiterait à l’est de l’Ukraine ou bien si elle serait plus large. « Nous nous efforcerons d’arriver à une démilitarisation et une dénazification de l’Ukraine », a dit le maître du Kremlin, assis à un bureau en bois sombre, promettant de conduire « au tribunal ceux qui ont commis de nombreux crimes, responsables de l’effusion de sang de civils, notamment des citoyens russes ».

« Nous n’avons pas dans nos plans une occupation des territoires ukrainiens, nous ne comptons imposer rien par la force à personne », a-t-il assuré, appelant les militaires ukrainiens « à déposer les armes ». Puis, il s’est adressé à ceux « qui tenteraient d’interférer avec nous » : « Ils doivent savoir que la réponse de la Russie sera immédiate et conduira à des conséquences que vous n’avez encore jamais connues ».

Quelques heures plus tôt, le Kremlin avait annoncé que les responsables des « républiques » séparatistes prorusses autoproclamées dans l’est de l’Ukraine avaient demandé l’« aide » de Vladimir Poutine pour « repousser l’agression » ukrainienne. Lundi, le président russe avait reconnu l’indépendance de ces « républiques » séparatistes de Donetsk et de Lougansk, puis obtenu le lendemain de la chambre haute du Parlement russe son feu vert à un déploiement de forces.

Après cette annonce, l’ambassadeur de Russie à l’ONU, Vassily Nebenzia, a affirmé que son pays ciblait « la junte au pouvoir à Kiev ». « Nous ne sommes pas agressifs envers le peuple ukrainien, mais envers la junte au pouvoir à Kiev », a-t-il déclaré en conclusion de ses remarques devant le Conseil de sécurité des Nations unies.

Que se passe-t-il sur le terrain ?

Les sirènes d’avertissement anti-bombardement ont notamment retenti jeudi matin dans le centre de Kiev. De puissantes explosions y ont été entendues, ainsi qu’à Odessa, ville du sud sur les rives de la mer Noire, à Kharkiv près de la frontière russe, et dans l’Est du pays. L’Ukraine a annoncé la fermeture de son espace aérien pour l’aviation civile, et les vols ont été annulés depuis les aéroports des grandes villes du sud de la Russie, à proximité du pays.

L’armée russe a assuré viser avec des « armes de haute précision » les sites militaires en Ukraine, ont rapporté les agences de presse russes. « Les infrastructures militaires, les installations de défense aérienne, les aérodromes militaires et l’aviation des forces armées ukrainiennes sont mis hors d’état de nuire avec des armes de haute précision », a indiqué le ministère russe de la Défense, cité par TASS.

L’armée russe a ensuite affirmé avoir détruit les systèmes de défense anti-aérienne et mis « hors service » les bases aériennes de l’Ukraine. « L’infrastructure militaire des bases aériennes des forces armées ukrainiennes a été mise hors service », a indiqué le ministère russe de la Défense, cité par les agences de presse russes. « Les installations de défense anti-aérienne des forces armées ukrainiennes ont été détruites », a-t-il ajouté. De son côté, l’armée affirme avoir abattu cinq avions et un hélicoptère russes.

Les gardes-frontières ukrainiens avancent que le pays est attaqué le long des frontières russe et biélorusse.

Selon le chef de la diplomatie ukrainienne, il s’agit d’une « invasion de grande ampleur » qui vise à « détruire l’État ukrainien, s’emparer de son territoire par la force et établir une occupation », a estimé dans un communiqué le ministère ukrainien des Affaires étrangères. Kiev a appelé la communauté internationale à « agir immédiatement ». « Seules des actions unies et fortes peuvent arrêter l’agression de l’Ukraine par Vladimir Poutine », ajoute ce texte.

Le président Volodymyr Zelensky a appelé ses concitoyens à ne pas paniquer face à l’offensive russe qui frappe leur pays, annonçant par ailleurs l’introduction de la loi martiale. « Pas de panique, nous sommes prêts pour tout, nous allons vaincre », a-t-il dit dans un message vidéo sur Facebook.

Ukraine : Le président Zelensky a déclaré que la Russie attaquait des installations militaires dans tout le pays. L’Ukraine lance ses propres mesures défensives. Il exhorte les Ukrainiens à rester calmes et à rester chez eux. Il dit avoir parlé au président Biden. pic.twitter.com/OTHDDhswOA

— Rebecca Rambar (@RebeccaRambar) February 24, 2022

Le monde doit créer « une coalition anti-Poutine » pour « contraindre la Russie à la paix », a-t-il aussi déclaré à l’issue d’entretiens notamment avec les dirigeants américain, britannique et allemand. « Le monde doit contraindre la Russie à la paix », a-t-il ajouté.

Quelles sont les réactions ?

Le président américain Joe Biden a dénoncé vers 4h30 « l’attaque injustifiée » de la Russie contre l’Ukraine, imaginant « des souffrances et pertes humaines catastrophiques ». Il s’exprimera plus longuement ce jeudi dans la journée sur « les conséquences » d’une telle attaque.

La « guerre » déclenchée par la Russie en Ukraine, qui « n’a aucun sens », « doit s’arrêter maintenant », a imploré le secrétaire général de l’ONU, Antonio Guterres, après une réunion en urgence du Conseil de sécurité. « Président Poutine, au nom de l’humanité, ramenez vos troupes en Russie ! », a lancé le chef de l’ONU, visiblement éprouvé par l’annonce de cette opération par le président russe. « Au nom de l’humanité, ne permettons pas le déclenchement en Europe de ce qui pourrait être la pire guerre depuis le début du siècle », a insisté Antonio Guterres, évoquant « le moment le plus triste de (son) mandat de secrétaire général des Nations unies ».

« Nous condamnons fermement l’attaque injustifiée de la Russie contre l’Ukraine. En ces heures sombres, nos pensées vont à l’Ukraine et aux femmes, hommes et enfants innocents qui font face à cette attaque non provoquée et craignent pour leur vie », ont écrit sur Twitter la présidente de la Commission européenne Ursula von der Leyen et le président du Conseil européen Charles Michel.

We strongly condemn Russia´s unjustified attack on Ukraine.

In these dark hours, our thoughts are with Ukraine and the innocent women, men and children as they face this unprovoked attack and fear for their lives.

We will hold the Kremlin accountable.

— Ursula von der Leyen (@vonderleyen) February 24, 2022

« Nous demanderons au Kremlin de rendre des comptes ». Les dirigeants européens devaient tenir un sommet éclair jeudi en fin de journée, convoqué avant que des frappes aériennes russes n’atteignent les villes ukrainiennes dans la nuit. Ils ont déjà décidé d’une première série de sanctions à l’encontre de la Russie après que le président Vladimir Poutine a reconnu l’indépendance des régions d’Ukraine tenues par les rebelles. Lors du sommet de jeudi, qui sera présidé par M. Michel, ils pourraient aller plus loin avec une deuxième série de sanctions, beaucoup plus sévères.

« La Russie a fait le choix de la guerre. La France condamne dans les termes les plus forts le déclenchement de ces opérations », a dénoncé l’ambassadeur de France à l’ONU, Nicolas de Rivière. Cette décision, « au moment même où ce Conseil est réuni, illustre le mépris dans lequel la Russie tient le droit international et les Nations unies », a-t-il ajouté. « Nous appelons la Russie à respecter le droit international humanitaire en toutes circonstances, nous appelons à la protection et au respect de tous les civils, notamment les personnes vulnérables, les femmes et les enfants, et le personnel humanitaire », a-t-il également lancé.

Le chancelier allemand Olaf Scholz a qualifié l’opération militaire russe lancée en Ukraine de « violation éclatante » du droit international, parlant d’une « journée sombre » pour l’Europe toute entière. « L’Allemagne condamne de la manière la plus ferme cet acte sans scrupules du président (Vladimir) Poutine, notre solidarité va à l’Ukraine et à ses habitants », a-t-il ajouté dans un communiqué.

Une réunion d’urgence des ambassadeurs de l’Otan en Ukraine est convoquée.