Crise en Ukraine : Macron-Poutine, la tentative diplomatique de la dernière chance

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À l’Est, rien de nouveau. Après leur très longue rencontre du 7 février dernier à Moscou autour d’une table démesurée, Emmanuel Macron et Vladimir Poutine se sont de nouveau entretenus par téléphone ce dimanche pendant près d’1h45. Au terme de cet échange, les deux chefs d’État sont convenus de tout faire pour aboutir rapidement à un cessez-le-feu dans l’est de l’Ukraine, a annoncé l’Élysée.

Les deux dirigeants se sont également accordés sur la tenue d’une réunion du Groupe de contact trilatéral (Ukraine, Russie, OSCE), « dans les prochaines heures », ce dimanche soir. Ils se sont entendus sur « la nécessité de privilégier une solution diplomatique à la crise actuelle et de tout faire pour y parvenir ». Le ministre des Affaires étrangères, Jean-Yves Le Drian, rencontrera son homologue russe Sergueï Lavrov « dans les prochains jours ».

De son côté, Vladimir Poutine a une fois de plus soufflé le chaud et le froid. Il a mis en cause auprès d’Emmanuel Macron les « provocations » ukrainiennes dans l’aggravation des combats avec les séparatistes dans l’est de l’Ukraine, tout en disant vouloir « intensifier » les efforts diplomatiques pour régler le conflit. Il a réaffirmé, selon l’Élysée, son intention de retirer ses troupes de Biélorussie.

Les demandes russes rejetées par les Occidentaux

Plus tôt dans la journée, le ministre biélorusse annonçait pourtant la poursuite des exercices militaires conjoints avec la Russie sur son territoire. Selon le Kremlin, le président russe a aussi demandé que l’Otan et les États-Unis « prennent au sérieux » les exigences de la Russie concernant sa sécurité, au cœur de la crise actuelle entre Moscou et les Occidentaux. La Russie, accusée d’avoir massé 150 000 soldats aux frontières de l’Ukraine en vue d’une invasion, exige la promesse que Kiev n’intégrera jamais l’Otan et la fin du renforcement militaire de l’Alliance à ses frontières. Des demandes rejetées par les Occidentaux.

« De sérieuses inquiétudes ont été exprimées quant à la forte détérioration de la situation sur la ligne de contact dans le Donbass », a encore indiqué le Kremlin. Le président russe estime que les livraisons d’armes et de munitions aux forces ukrainiennes par les Occidentaux « poussent Kiev vers une solution militaire » dans son conflit avec les séparatistes prorusses, qui dure depuis 2014.

« La plus grande guerre en Europe depuis 1945 »

Dans la foulée, Emmanuel Macron a échangé avec le président ukrainien Volodymyr Zelensky. À l’issue, ce dernier a exigé un « cessez-le-feu immédiat » alors que les tirs sur le front dans l’est ukrainien, où les séparatistes prorusses contrôlent une partie du Donbass depuis 2014, ont connu une hausse spectaculaire ces derniers jours. De fortes explosions ont retenti samedi soir dans le centre de la ville de Donetsk, contrôlée par les séparatistes. L’Otan a transféré son personnel basé à Kiev vers Lviv.

En dépit de ces signaux diplomatiques d’apaisement, tout indique que la Russie est « sur le point » d’envahir l’Ukraine a encore alerté Antony Blinken, le chef de la diplomatie américaine, qui doit rencontrer son homologue russe jeudi. Le président américain, Joe Biden, s’est dit prêt à rencontrer Vladimir Poutine « à tout moment ». Il aura d’abord l’opportunité de s’entretenir avec Emmanuel Macron et Olaf Scholz, le chancelier allemand, ou encore Boris Johnson dans « les prochaines heures ». Dimanche matin, le Premier ministre britannique menaçait les entreprises russes de sanctions économiques et affirmait que la Russie préparait « ce qui pourrait être la plus grande guerre en Europe depuis 1945. »