Mali : près de 40 civils tués cette semaine par des djihadistes dans le nord du pays

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Au lendemain de l’annonce du retrait de la présence militaire française au Mali, l’AFP a appris de différentes sources locales qu’une quarantaine de civils maliens ont été tués cette semaine par un groupe affilié à l’organisation Etat islamique, dans une région du nord du pays.

« Il y a au moins quarante morts civils, dans trois sites différents » des environs de Tessit, à quelques dizaines de kilomètres des frontières avec le Burkina Faso et le Niger, a dit à l’AFP un responsable civil de ce secteur dont l’AFP a choisi de taire le nom pour sa sécurité.

Il a précisé que c’était un bilan encore provisoire, la remontée d’informations étant lente et parcellaire dans une zone reculée et dangereuse, avec des témoins toujours dispersés. Selon lui, les victimes ont été tuées après avoir été accusées de « complicité avec un autre groupe » djihadiste. Moussa Ag Acharatoumane, porte-parole d’un groupement de formations armées du nord, le Cadre stratégique permanent (CSP), a rapporté un bilan humain similaire.

#Mali plus de 40 morts et des centaines de déplacés pris dans la guerre entre le #JNIM et l’#EI à Tadjalalt 15km de #Tessit #Gao. Les civils Touaregs كل السوك ont été chassés par le JNIM, accusés d’aider l’EI, puis massacré par l’EI dans les secteurs de Bakkal, Kaygouroutane pic.twitter.com/0gpCokoCCq

— Wassim Nasr (@SimNasr) February 16, 2022

Entre le 8 et le 10 février, les hommes du Groupe de soutien à l’islam et aux musulmans (GSIM) sont venus dans plusieurs villages autour de Tessit. Ils y ont saccagé un centre de santé, une pharmacie, un château d’eau, un commerce, et ont emmené une ambulance, accusant les commerçants de ravitailler les rivaux de l’Etat islamique au grand Sahara (EIGS), ont précisé trois sources locales.

Entre 150 et 200 ménages ont fui vers le Niger et les villes alentour, ont expliqué un humanitaire et un habitant de Tadjalate sous le couvert de l’anonymat. Lundi et mardi, de jour et de nuit, des combattants de l’EIGS sont venus dans les mêmes villages. « Ils ont accusé les hommes d’être complices du GSIM, ils ont tué les vieillards et les jeunes hommes », a relaté Moussa Ag Almahmoud.

C’est un scénario courant, a-t-il ajouté : « Quand un groupe djihadiste passe dans un village, celui qui vient après accuse les habitants d’être complices, alors que ces populations sont là et ne sont même pas dans la capacité de chasser une mouche ».

Guerre des territoires

Les faits se sont produits dans la zone dite des Trois frontières, un des foyers de la violence qui secoue le Sahel. L’EIGS et le GSIM, alliance de groupes armés appartenant à la nébuleuse Al-Qaïda, y sont particulièrement actifs. En plus d’attaquer les armées nationales ou étrangères, ils s’y livrent depuis 2020 une guerre des territoires.

Tessit est coupée du réseau téléphonique depuis plusieurs années, rendant l’accès à l’information difficile et les autorités maliennes, dominées par les militaires depuis le coup d’État d’août 2020, n’ont pas communiqué sur ces évènements. Les combats inter-djihadistes sont peu médiatisés, sinon occasionnellement par les djihadistes eux-mêmes.

Malgré l’activité djihadiste dans la région, la France et ses partenaires européens ont officialisé jeudi leur retrait militaire du Mali sur fond de tensions diplomatiques avec la junte au pouvoir dans le pays. Paris et ses partenaires souhaitent toutefois « rester engagés dans la région » sahélienne et « étendre leur soutien aux pays voisins du Golfe de Guinée et d’Afrique de l’Ouest », où les djihadistes menacent de se disséminer, selon une déclaration conjointe signée par 25 pays européens, africains et le Canada.