Opération Barkhane : le Mali exige un retrait «sans délai» des soldats français, Macron temporise

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Poussés dehors par la junte au pouvoir à Bamako, la France et ses alliés ont officialisé ce jeudi matin le retrait militaire du Mali. Entre 2500 et 3000 soldats français resteront toutefois au Sahel après le retrait du Mali qui pourrait prendre six mois, avait confirmé l’état-major français dans la foulée. Mais le Mali demande ce vendredi à la France de retirer ses soldats « sans délai ». Ce à quoi Emmanuel Macron a rétorqué que la France se retirerait « en bon ordre » sans transiger sur le sécurité de ses soldats.

Dans un communiqué lu à la télévision nationale, le porte-parole du gouvernement installé par les militaires, le colonel Abdoulaye Maïga, qualifie l’annonce du désengagement français de « violation flagrante » des accords entre les deux pays. Il dit aussi que les résultats de neuf ans d’engagement français au Mali « n’ont pas été satisfaisants ».

« Au regard de ces manquements répétés (aux) accords de défense, le gouvernement invite les autorités françaises à retirer, sans délai, les forces Barkhane et Takuba du territoire national, sous la supervision des autorités maliennes », dit le colonel Maïga.

La demande de retrait immédiat de la part des colonels arrivés au pouvoir par la force en août 2020 est un nouveau défi à l’ancien partenaire français, après des mois de montée des tensions.

Le cœur de l’action désormais au Niger

La France avait commencé à réduire la voilure avant que les tensions avec la junte ne se durcissent et avait fermé trois bases dans le nord du pays, où étaient déployés le gros des plus de 5 000 soldats engagés au Sahel au sein de la force anti-djihadiste Barkhane. Elle va maintenant fermer les autres bases, dans un délai de quatre à six mois.

« Le cœur de cette action ne sera plus au Mali, mais sera au Niger », a dit le président Emmanuel Macron. Finies les grandes bases fixes, mais soutien européen aux armées nationales pour la coopération, l’équipement ou la formation, et présence de forces spéciales. Cette réarticulation dépendra cependant des discussions avec les pays africains dans les prochains mois, a-t-il déclaré.

Actuellement, quelque 2 400 militaires français sont déployés au Mali, sur un total de 4 600 dans la bande saharo-sahélienne. Le désengagement de ces hommes, des matériels déployés, dont des centaines de véhicules blindés, et le démantèlement des bases représente quelque 6 000 containers.

Quitter ce pays, où la France est engagée dans la lutte anti-djihadiste depuis 2013, implique « une manœuvre complète que nous allons mener à notre rythme de manière coordonnée avec Sahéliens et Européens », a commenté jeudi le porte-parole de l’état-major, le colonel Pascal Ianni, évoquant lui aussi un délai « d’environ six mois ».