Ukraine : Berlin dénonce des exigences russes «datant de la Guerre froide», Moscou annonce un nouveau retrait

Voir aussi

Jubilé d’Elizabeth II : Meghan et ce prince Harry seront absents du balcon de Buckingham

Jubilé d’Elizabeth II : Meghan et un prince Harry seront absents du balcon de Buckingham

rivalité en Ukraine : la France va apporter 300 millions de dollars d’aide supplémentaires

Guerre chez Ukraine : la France va apporter 300 millions de dollars d’aide supplémcheztaires

Avortement aux Etats-Unis : le gouverneur de l’Oklahoma fondement l’une des lois les plus restrictives

étouffement aux Etats-Unis : le gouverneur de l’Oklahoma signe l’une des lois les plus restrictives

Partager

La crise ukrainienne est au cœur de toutes les discussions, entre la Russie et l’Occident. Et malgré les annonces répétées de Moscou assurant que le retrait de ses troupes – notamment à la frontière ukrainienne – se poursuit, la tension n’est toujours pas retombée.

Ce jeudi, séparatistes prorusses et armée ukrainienne se sont accusés mutuellement d’être à l’origine de bombardements opérés sur la localité de Stanytsia Luhanska et notamment sur une école.

Nouveau retrait annoncé

Ce vendredi matin, la Russie a annoncé de nouveaux retraits de ces soldats. Des tanks déployés près de la frontière ukrainienne et des bombardiers en Crimée annexée vont retourner à leurs garnisons. « Un autre train militaire transportant du personnel et des équipements appartenant aux unités de l’armée de chars du district militaire de l’Ouest est retourné à ses bases permanentes », a indiqué le ministère de la Défense dans un communiqué. C’est le quatrième jour de suite que Moscou fait de telles annonces, mais cela ne suffit pas à convaincre les Occidentaux.

VIDEO. Crise en Ukraine : une partie des troupes russes quittent la frontière

« Les déclarations de volonté de dialogue doivent être soutenues par des offres réelles de dialogue. Les déclarations de retrait des troupes doivent s’accompagner de retraits vérifiables », a notamment souligné la ministre allemande des Affaires étrangères, ce vendredi. De son côté, le président américain, Joe Biden, jugeait encore, jeudi, « très élevé » et imminent le risque d’une attaque russe contre l’Ukraine.

« Tout est possible », selon Le Drian

Pour le ministre de l’Europe et des Affaires étrangères, Jean-Yves Le Drian, les annonces d’un retrait russe ne sont pas suffisantes. « Entre les inflexions annoncées et ce qui est réalisé, il y a un pas. Les mots, c’est bien, mais je préfère les faits », a-t-il souligné sur LCI ce vendredi matin. « J’aimerais constater qu’il ne s’agit pas d’une rotation mais bien d’un retrait », a-t-il précisé.

En réaction aux déclarations de Joe Biden estimant « très élevé » le risque d’une invasion russe en Ukraine, le chef de la diplomatie française a fait savoir que « tout (était) possible, aussi bien l’intervention massive des forces russes qu’une discussion diplomatique ». Quant à la date, évoquée par le président américain, d’une attaque après les Jeux olympiques, Jean-Yves Le Drian a expliqué ne pas être « dans cet agenda-là ». « Nous sommes dans une situation à risque, une situation très grave », a-t-il poursuivi, estimant que pour discuter avec Vladimir Poutine, valait mieux, pour Emmanuel Macron, être dans la posture du « chef d’État » plutôt que dans celle « du candidat ».

Réagissant également à la situation actuelle, le porte-parole du gouvernement, Gabriel Attal, a fait savoir sur BFMTV ce vendredi matin que la France serait « toujours jusqu’au-boutiste de la diplomatie ».

Des « exigences datant de la Guerre froide »

« Avec un déploiement sans précédent de troupes à la frontière avec l’Ukraine et des exigences datant de la Guerre froide, la Russie remet en cause les principes fondamentaux de l’ordre de paix européen », a déploré ce vendredi la ministre allemande des Affaires étrangères, Annalena Baerbock, avant la conférence annuelle de Munich sur la sécurité qui sera dominée par la crise ukrainienne. Moscou doit faire preuve de « sérieux efforts de désescalade », a-t-elle exhorté.

Dirigeants internationaux et diplomates de haut rang ont rendez-vous à Munich, dans le sud de l’Allemagne, de vendredi à dimanche, pour trois jours de discussions sur des questions de défense et de sécurité. Mais cette fois, la Russie – dont le ministre des Affaires étrangères Sergueï Lavrov est régulièrement venu à cette conférence annuelle – n’a pas prévu d’y participer. Une « opportunité » perdue, pour Annalena Baerbock. « C’est justement dans la situation actuelle, extrêmement menaçante, qu’il aurait été si important de rencontrer également des représentants russes », dit-elle.

Ces discussions entre Allemagne, France, Grande-Bretagne, États-Unis, Japon, Canada et Italie, permettront d’envoyer « un message d’unité », selon la ministre allemande des Affaires étrangères, dont le pays assure actuellement la présidence du groupe des sept pays alliés. « Nous sommes prêts à un dialogue sérieux sur la sécurité pour tous. Même de petits pas vers la paix valent mieux que de grands pas vers la guerre. Mais nous avons également besoin de mesures sérieuses de désescalade de la part de la Russie », a-t-elle ajouté.

Rencontre attendue entre Blinken et Lavrov

Le chef de la diplomatie américaine, Antony Blinken, rencontrera son homologue russe, Sergueï Lavrov, la semaine prochaine, à la condition que la Russie n’envahisse pas l’Ukraine d’ici là, a indiqué jeudi soir le département d’État américain. Selon le porte-parole Ned Price, Antony Blinken avait proposé de rencontrer le chef de la diplomatie russe « en Europe la semaine prochaine. Les Russes ont répondu avec des propositions de dates pour la fin de la semaine prochaine, ce que nous avons accepté ». « S’ils envahissent dans les prochains jours, cela montrera clairement qu’ils n’ont jamais été sérieux au sujet de la diplomatie », a-t-il ajouté.

Par ailleurs, un responsable de la Maison Blanche a indiqué que le président américain, Joe Biden, s’entretiendrait ce vendredi après-midi « avec les dirigeants transatlantiques (…) au sujet des troupes militaires russes massées à la frontière de l’Ukraine » et des efforts en vue de faire prévaloir la diplomatie.