Crise en Ukraine : les Britanniques inquiets, la Russie défie les sanctions… le point sur la situation ce dimanche

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Chaque jour apporte son lot de développements sur la situation en Ukraine. Si, d’un côté, les appels et les réunions se multiplient pour tenter de trouver une solution pacifique, de l’autre, les déclarations fracassantes des responsables politiques mettent en péril le déroulement diplomatique de cette crise que les Occidentaux décrivent comme l’une des plus dangereuses depuis la fin de la Guerre froide il y a trois décennies.

Ces derniers jours, c’est Joe Biden qui s’est fait particulièrement remarquer en mettant en avant le risque d’invasion imminent de l’Ukraine par les troupes russes. De quoi décider plusieurs pays à inviter leurs ressortissants à quitter le territoire, dont l’Allemagne, la Belgique, les Pays-Bas ou encore la Suède. La France, elle, n’avait, ce dimanche, donné aucune consigne.

La Russie très peu impressionnée par les menaces de sanctions

Au-delà des conseils à leurs ressortissants, les pays occidentaux menacent la Russie de sanctions – notamment économiques – si elle franchissait le cap de l’invasion. Mais, à en croire l’ambassadeur russe de Suède, ces avertissements n’ont pas vraiment d’effet. « Pardonnez-moi l’expression, mais nous n’en avons rien à foutre de toutes leurs sanctions », a même affirmé Viktor Tatarintsev à un journal suédois.

« On nous a déjà imposé tellement de sanctions, et dans un sens elles ont eu des effets positifs sur notre économie et notre agriculture. (…) Nous sommes davantage autosuffisants et avons été capables d’augmenter nos exportations », a-t-il poursuivi. Assurant que la Russie voulait à tout prix éviter la guerre, l’ambassadeur a tout de même prononcé une phrase qui risque de ne pas vraiment calmer les esprits : « plus l’Occident fait pression sur la Russie, et plus forte sera la réponse russe ».

Des craintes pour l’avenir du côté britannique…

Malgré les nombreuses discussions qui ont lieu quotidiennement entre les différentes parties, le ministre de la Défense britannique, Ben Wallace, s’est montré peu optimiste ce dimanche, trois jours après un voyage à Moscou. Dans un entretien accordé au Sunday Times, il a fait savoir que la Russie pouvait « lancer une offensive à tout moment ». Il a même jugé que la situation actuelle avait « un parfum de Munich ». L’accord de Munich permettant l’annexion allemande des Sudètes – un territoire situé à l’est de l’Allemagne, dans l’ancienne Tchécoslovaquie – est resté dans l’Histoire comme un symbole de la capitulation diplomatique des démocraties européennes face à l’Allemagne nazie, ce qui n’a, pour autant, pas empêché le déclenchement de la Seconde Guerre mondiale.

Le ministre britannique chargé de l’Irlande du Nord, Brandon Lewis, a expliqué que son collègue Ben Wallace faisait ainsi « la comparaison entre les tentatives diplomatiques à l’approche de la Seconde Guerre mondiale et la tentative diplomatique que nous faisons tous maintenant » autour de l’Ukraine. Avant la Seconde Guerre mondiale, « il y avait beaucoup d’efforts diplomatiques, les gens pensaient qu’il y avait des progrès mais ça n’a pas été le cas », a-t-il détaillé sur SkyNews dimanche.

…Et du côté allemand

Les Britanniques ne sont pas les seuls à s’inquiéter de l’avenir. Les Allemands aussi s’inquiètent du point « critique » atteint actuellement en Ukraine, à la veille d’un déplacement du chancelier Olaf Scholz à Kiev puis à Moscou. « Notre préoccupation a grandi (…) nous pensons que la situation est critique, très dangereuse », a dévoilé une source gouvernementale allemande ce dimanche.

Tout juste réélu, ce dimanche à la mi-journée, le chef de l’État allemand, Frank-Walter Steinmeier, a commenté la situation actuelle. « Nous sommes au beau milieu d’un risque de conflit militaire, de guerre en Europe orientale et c’est la Russie qui en porte la responsabilité », a-t-il déclaré sans ambages.

Premier geste de Berlin

Par ailleurs, si Berlin refuse toujours de livrer des armes de guerre à l’Ukraine, le gouvernement allemand envisage d’augmenter son aide économique, a fait savoir une source gouvernementale ce dimanche, à la veille d’une visite à Kiev du chancelier Olaf Scholz.

Depuis l’annexion de la Crimée en 2014 par Moscou, l’Allemagne est le pays qui a apporté l’aide financière bilatérale la plus importante à l’Ukraine, avec 2 milliards d’euros, auxquels s’ajoute une ligne de crédit de 500 millions d’euros, dont les deux tiers environ ont été utilisés. L’aide de l’Union européenne vient en plus de cette aide bilatérale. Mais Kiev souhaite surtout un soutien militaire, passant notamment par la livraison d’armes « létales ».

Guerre de communication

La crise internationale actuelle a particulièrement ravivé les tensions entre la Russie et les États-Unis, au point de déclencher une guerre de communication entre les deux puissances, qui montrent les muscles même loin de l’Ukraine. Dans la soirée de samedi à dimanche, Moscou a ainsi affirmé qu’un de ses destroyers avait chassé un sous-marin nucléaire américain au large des îles Kouriles (nord-est du Japon), dans les eaux territoriales de la Russie.

« Il n’y a aucune vérité dans les affirmations russes concernant nos opérations dans leurs eaux territoriales », a rapidement démenti l’armée américaine. « Nous volons, naviguons et opérons en toute sécurité dans les eaux internationales », a précisé le capitaine Kyle Raines, porte-parole du Commandement américain pour la région Indo-Pacifique, refusant de commenter l’emplacement précis des sous-marins américains dans la région. Cet incident est survenu quelques heures seulement avant une conversation téléphonique entre Vladimir Poutine et Joe Biden.

L’OSCE au cœur des préoccupations russes

Selon la porte-parole de la diplomatie russe, Maria Zakharova, l’Organisation pour la Sécurité et la Coopération en Europe (OSCE) aurait informé ses membres – dont la Russie – de la décision de certains pays de « redéployer leurs citoyens participant à la mission spéciale d’observation en Ukraine en raison de la détérioration des conditions de sécurité ».

De quoi agiter, côté russe. « Ces décisions ne peuvent que nous inquiéter sérieusement », a estimé la porte-parole de la diplomatie ce dimanche. Elle a également accusé la mission de cette organisation sur place d’être « délibérément entraînée dans la psychose militariste fomentée par Washington et utilisée comme outil pour une éventuelle provocation ». « Nous appelons les dirigeants de l’OSCE à stopper résolument les tentatives de manipulation de la mission et à empêcher l’organisation d’être entraînée dans les jeux politiques sans scrupule qui se jouent autour d’elle », a-t-elle ajouté.

L’OSCE réunit 57 pays d’Europe, d’Asie et d’Amérique du Nord, dont les États-Unis, la Russie et les principaux pays d’Europe de l’ouest, dans le but de favoriser le dialogue et la coopération sur les questions de sécurité.

Imbroglio dans l’espace aérien ukrainien

Les souvenirs du vol MH17 de Malaysia Airlines, abattu au-dessus de l’est de l’Ukraine le 17 juillet 2014 avec près de 300 personnes à son bord, sont encore dans certaines mémoires. Au point que, ce samedi, le propriétaire d’un avion de la compagnie ukrainienne SkyUP reliant Madère (Portugal) à Kiev, a interdit à son appareil d’entrer dans l’espace aérien ukrainien. Il a donc dû atterrir à Chisinau, en Moldavie.

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« Le loueur – un résident irlandais – a notifié le 12 février à la compagnie aérienne une interdiction immédiate d’entrée de l’avion UR-SQO dans l’espace aérien ukrainien », a indiqué la compagnie sur son site ce dimanche. « Malgré tous les efforts de la compagnie aérienne et la volonté des administrations ukrainiennes de parler au loueur, le propriétaire de l’avion a opposé un refus catégorique au moment où l’avion était déjà en l’air », selon la même source.

Même si la compagnie néerlandaise KLM a suspendu jusqu’à nouvel ordre tous les vols dans l’espace aérien ukrainien, Air France, faisant partie du même groupe, a, pour l’instant, maintenu les siens. De son côté, le gouvernement ukrainien a assuré, ce dimanche, que son espace aérien restait ouvert. « L’État s’emploie à prévenir les risques pour les compagnies aériennes », a déclaré le ministère des Infrastructures.