Canada : malgré l’intervention de la police sur le pont Ambassador, la mobilisation ne faiblit pas

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État d’urgence, décision judiciaire, intervention de la police… Rien n’y fait, les manifestants anti-mesures sanitaires continuent leur contestation au Canada. Ils étaient encore des milliers, ce samedi, dans les rues d’Ottawa et continuaient de bloquer le pont Ambassador, un lieu stratégique puisqu’il relie la ville de Windsor en Ontario à la ville américaine de Detroit.

The court ordered injunction at the Ambassador Bridge has kicked in and there’s more protestors here now than at any other point this week. They’re streaming in by the dozens. It’s hard to see police stepping in at this hour with so many people here celebrating, and carrying on. pic.twitter.com/8VrWD7ersw

— Adrian Ghobrial (@CityAdrian) February 12, 2022

Pour la première fois depuis le début du mouvement, qui entre dans sa troisième semaine, la police a pris position en nombre aux abords de ce point chaud de la contestation. La veille, la Cour supérieure de l’Ontario avait ordonné le départ des manifestants installés depuis cinq jours, en vain.

Les manifestants toujours sur le pont

Le blocage de cet axe essentiel a poussé Washington à intervenir auprès du gouvernement de Justin Trudeau. Et ce dernier avait promis, vendredi, une répression policière accrue car les « frontières ne peuvent pas rester fermées » et l’état d’urgence a été déclaré en Ontario. Mais en début de soirée ce samedi, la police n’était toujours pas parvenue à libérer totalement le pont après des heures de face-à-face avec les manifestants. La plupart des camions et véhicules qui entravaient la chaussée ont été déplacés, a constaté un journaliste de l’AFP. Mais ils restaient plusieurs centaines de manifestants sur place.

L’objectif est de désamorcer la situation « de façon pacifique » et par la médiation, a indiqué aux journalistes Jason Bellaire de la police de Windsor, incapable de confirmer si le pont serait définitivement évacué à la fin de la journée. Aucune arrestation n’a eu lieu dans l’immédiat. Le gouvernement canadien a annoncé, samedi soir, que le Groupe d’intervention se réunirait à nouveau ce dimanche pour discuter de nouvelles mesures à prendre, selon le quotidien The Globe and Mail.

J’ai réuni le Groupe d’intervention en cas d’incident encore aujourd’hui pour parler des occupations et barrages illégaux. Nous veillerons à ce que les autorités municipales, provinciales et fédérales aient ce qu’il faut pour lever les barrages et protéger la sécurité publique.

— Justin Trudeau (@JustinTrudeau) February 13, 2022

La fermeture de ce pont inquiète vivement des deux côtés de la frontière et a déjà entraîné des perturbations pour l’industrie automobile. Plus de 25 % des marchandises exportées entre les États-Unis et le Canada y transitent. Deux autres axes frontaliers sont également bloqués : le premier, à Emerson, relie la province du Manitoba au Dakota du Nord, tandis que le second est situé en Alberta.

Au-delà de ces blocages, pour le troisième week-end consécutif, la foule était au rendez-vous dans les rues de la capitale fédérale Ottawa, épicentre du mouvement, ce samedi. De la musique, des klaxons, des pistes de danse et des stands pour du café… Ils étaient des milliers à marcher et festoyer dans les rues du centre-ville où très peu de policiers étaient déployés, a constaté une journaliste de l’AFP.

Le passe abandonné dans trois provinces

John Pacheco, qui vient trois fois par semaine manifester, a emmené samedi sa fille de 15 ans. Cet « activiste catholique » est persuadé que le mouvement va durer : « Ils ne vont pas sévir, ils ne vont pas faire venir l’armée, ils n’ont pas d’équipement pour déplacer tous ces camions. Donc nous pourrions être ici des mois », pense-t-il.

Partie au départ de camionneurs opposés à l’obligation vaccinale pour passer la frontière avec les États-Unis, la contestation s’est étendue à des revendications plus larges contre toutes les mesures sanitaires mais aussi contre le gouvernement de Justin Trudeau. Ce dernier a été fortement critiqué par les oppositions pour son inaction depuis le début du mouvement.

De son côté, Justin Trudeau juge, depuis le début de la contestation, qu’il s’agit d’une « minorité marginale et bruyante ». Mais dans un pays où les mesures sanitaires sont dans la plupart des provinces plus restrictives qu’ailleurs dans le monde, le mouvement a reçu un soutien populaire plus large qu’anticipé par les autorités. Selon un sondage, un tiers des Canadiens soutiennent le mouvement et 44 % des personnes vaccinées comprennent « la cause et les frustrations véhiculées par les protestataires ».

Depuis le début du mouvement, trois provinces canadiennes du centre ont annoncé l’abandon du passeport vaccinal et du masque dans les prochaines semaines. Mais ce n’est pas le cas des deux provinces plus peuplées du pays : l’Ontario, épicentre de la contestation, et le Québec.