Canada : la police se positionne pour évacuer un pont, des milliers de manifestants marchent à Ottawa contre les restrictions

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Au lendemain d’une conversation téléphonique où le président américain Joe Biden a pressé le Premier ministre canadien Justin Trudeau de rouvrir les postes frontières stratégiques entre les deux pays, la police s’est positionnée samedi matin aux abords du pont Ambassador pour déloger les manifestants anti-mesures sanitaires qui le bloquent depuis lundi.

Des dizaines d’agents et de véhicules sont arrivés sur place après 8 heures (14 heures en France) et ont pris position face à la cinquantaine de manifestants installés dans leurs camions et pick-ups pour paralyser les échanges entre Detroit l’Américaine et Windsor la Canadienne. En milieu de matinée, la police progressait sans heurts aux abords du pont : les manifestants ont démonté certaines tentes installées au milieu des voies de circulation et les premiers camions ont quitté les lieux. Mais plusieurs dizaines de manifestants occupaient toujours la chaussée et faisaient face à la police, appuyée par des véhicules blindés.

L’objectif est de désamorcer la situation « de façon pacifique » et par la médiation, a indiqué aux journalistes Jason Bellaire de la police de Windsor, incapable de confirmer si le pont serait définitivement évacué à la fin de la journée. Aucune arrestation n’a eu lieu dans l’immédiat. « Nous exhortons tous les manifestants à agir en respectant la loi et de façon pacifique », avait tweeté dans la matinée la police de Windsor, en annonçant avoir commencé son intervention. Elle avait demandé aux habitants d’éviter le secteur.

The Windsor Police & its policing partners have commenced enforcement at and near the Ambassador Bridge. We urge all demonstrators to act lawfully & peacefully. Commuters are still being asked to avoid the areas affected by the demonstrations at this time.

— Windsor Police (@WindsorPolice) February 12, 2022

Un quart du commerce entre les Etats-Unis et son voisin du Nord transite par ce pont. La Cour supérieure de la province de l’Ontario a ordonné vendredi le départ des protestataires. L’injonction n’avait pas ébranlé les manifestants, qui se disaient déterminés à aller jusqu’au bout de leur action.

Malgré la neige, les protestataires se pressent à Ottawa

Samedi matin, pour le troisième week-end consécutif, la foule a rendez-vous dans les rues de la capitale fédérale Ottawa, épicentre du mouvement. Drapeaux canadiens à la main ou fixés sur leurs épaules, ils étaient des milliers à investir peu à peu le centre-ville et à venir se faufiler au milieu des camions stationnés, malgré la neige qui tombe. « Moi je ne suis pas vacciné et je ne suis pas mort », raconte Marc-André Mallette, 38 ans, qui dit soutenir la cause « depuis le début ».

La capitale fédérale est investie pour le 3e samedi consécutif par les anti-restrictions. REUTERS/Blair Gable

John Pacheco, qui vient trois fois par semaine manifester, a emmené samedi sa fille Sophia, 15 ans. Cet « activiste catholique » se félicite de voir que les convois se répandent dans le monde. « Si je ne suis pas vaccinée, je ne peux pas aller à l’église », s’insurge Sophia Pacheco qui a installé des chapelets autour du drapeau canadien.

Partie au départ du mouvement de camionneurs contre l’obligation vaccinale pour passer la frontière avec les Etats-Unis, la contestation s’est étendue à des revendications plus larges contre toutes les mesures sanitaires mais aussi le gouvernement de Justin Trudeau.

Un tiers des Canadiens soutiennent le mouvement

Ce dernier a été fortement critiqué par les oppositions pour son inaction depuis le début du mouvement. Depuis le début de la contestation, Justin Trudeau juge qu’il s’agit une « minorité marginale et bruyante ». Mais dans un pays où les mesures sanitaires sont dans la plupart des provinces plus restrictives qu’ailleurs dans le monde, le mouvement a reçu un soutien populaire plus large qu’anticipé par les autorités.

Des manifestants contestent la politique menée par Justin Trudeau. REUTERS/Blair Gable

Selon un sondage, un tiers des Canadiens soutiennent le mouvement et 44% des personnes vaccinées comprennent « la cause et les frustrations véhiculées par les protestataires ». Depuis le début du mouvement, plusieurs provinces canadiennes du centre ont annoncé l’abandon du passeport vaccinal et du masque dans les prochaines semaines. Mais ce n’est pas le cas des deux provinces plus peuplées du pays: l’Ontario, épicentre de la contestation, où l’état d’urgence a été décrété, et le Québec.