«Convoi de la liberté» au Canada : Washington demande à Trudeau de mettre fin aux blocages

Voir aussi

Jubilé d’Elizabeth II : Meghan et ce prince Harry seront absents du balcon de Buckingham

Jubilé d’Elizabeth II : Meghan et un prince Harry seront absents du balcon de Buckingham

rivalité en Ukraine : la France va apporter 300 millions de dollars d’aide supplémentaires

Guerre chez Ukraine : la France va apporter 300 millions de dollars d’aide supplémcheztaires

Avortement aux Etats-Unis : le gouverneur de l’Oklahoma fondement l’une des lois les plus restrictives

étouffement aux Etats-Unis : le gouverneur de l’Oklahoma signe l’une des lois les plus restrictives

Partager

Chassé-croisé. Alors qu’en France, le « convoi de la liberté » s’apprête à gagner Paris, malgré l’interdiction de la préfecture de police, au Canada, berceau du mouvement, la pression augmente pour les déloger.

Les Etats-Unis ont appelé ce jeudi le Canada à employer les « pouvoirs fédéraux » pour mettre fin à ces blocages anti-mesures sanitaires qui paralysent des axes frontaliers majeurs entre les deux voisins américains depuis plusieurs jours et menacent l’économie.

Avec le blocage d’un troisième axe frontalier avec les Etats-Unis, la contestation s’est encore étendue ce jeudi et essaime à l’étranger. En France, mais aussi en Nouvelle-Zélande où 120 personnes ont été arrêtées après des heurts dans la nuit de jeudi à vendredi.

Washington a proposé son « aide pleine et entière », ont fait savoir jeudi des responsables de la Maison Blanche, précisant que plusieurs ministres américains étaient en contact régulier avec leurs homologues canadiens à ce sujet. Ils ont aussi assuré que l’administration Biden était « mobilisée 24 heures sur 24 pour mettre fin rapidement » à la crise.

Le secteur automobile entravé

Au delà d’entraver la liberté de circulation, les manifestants souhaitent frapper le système économique, en occupant des voies commerciales essentielles aux deux pays. L’industrie automobile est déjà affectée par l’occupation du pont Ambassador, entre l’Ontario et Detroit aux Etats-Unis, entamée il y a quatre jours.

L’inquiétude est montée d’un cran ces derniers jours car en bloquant le pont Ambassador, les manifestants ont touché un nerf central pour l’industrie automobile et forcé les géants du secteur – Ford, Stellantis et Toyota – à suspendre ou ralentir temporairement les chaînes de fabrication dans plusieurs usines.

VIDÉO. Canada : les routiers bloquent le centre-ville de Toronto pour s’opposer à l’obligation vaccinale

Estimant que la situation représentait une « crise nationale », le maire de la ville de Windsor Drew Dilkens a annoncé son intention d’« expulser » les manifestants par la force s’il obtient l’autorisation d’un tribunal. « Le préjudice économique que cette occupation cause au commerce international ne peut pas durer et doit cesser », a-t-il ajouté.

La zone autour du pont est cruciale pour l’industrie automobile, explique Jason Miller, expert en chaîne d’approvisionnement à l’université d’Etat du Michigan. « Certaines pièces peuvent traverser jusqu’à cinq, six ou sept fois le pont. » Ce pont transfrontalier voit passer chaque jour plus de 40 000 travailleurs et touristes et les camionneurs y font traverser quotidiennement 323 millions de dollars de marchandises en moyenne.

« Il est impératif que les gouvernements locaux, provinciaux et nationaux du Canada désamorcent ce blocus économique », a déclaré jeudi la gouverneure du Michigan Gretchen Whitmer, les appelant à prendre « toutes les mesures nécessaires ».

Trudeau appelle au retrait

Le Premier ministre Justin Trudeau a de nouveau appelé jeudi au retrait des manifestations : « Il est temps que cela finisse car cela fait mal aux Canadiens », a-t-il évoqué, sans proposer d’actions concrètes. Son gouvernement s’est contenté d’indiquer que des renforts policiers seraient envoyés aux endroits de blocage mais sans plus de précisions.

Le mouvement s’étend sur les routes et semblait dans une impasse dans les rues de la capitale fédérale Ottawa, a constaté une journaliste de l’AFP. Des centaines de camions bloquent toujours les rues, installés devant le Parlement et les bureaux de Justin Trudeau.

La police de la ville a une nouvelle fois expliqué qu’elle n’était « pas en mesure » de « mettre un terme » à la manifestation sans renforts. Son chef Peter Sloly a expliqué « ne pas avoir les ressources suffisantes » pour « empêcher l’approvisionnement en essence des camions » qui bloquent les rues, ou pour « procéder à des arrestations ». De fait, malgré un avertissement lancé mercredi aux manifestants, la police n’a procédé qu’à deux nouvelles arrestations portant le nombre à 25 depuis le début du mouvement.

« Vous savez que vous avez fait quelque chose de mal lorsque les Canadiens s’en indignent. Nous sommes connus pour être très pacifiques, nous n’aimons pas faire d’histoires », estime Naomi Gilman, habitante d’Ottawa d’une trentaine d’années.

Le mouvement essaime

Pour Ed Humphrey, tatouages dans le cou, boucle d’oreille et chapeau sur la tête, qui nettoie les rues occupées, « les gens ordinaires parlent enfin, c’est exactement ça ce mouvement ! ». Venu du Manitoba, cet ouvrier se réjouit « du soutien qui grandit ».

En Europe, les autorités ont pris les devants : des rassemblements prévus pour la fin de semaine ont été interdits, notamment à Paris et Bruxelles. Ce mouvement, baptisé comme au Canada « convois de la liberté », semble prendre de l’ampleur, notamment dans l’Hexagone pour protester contre le passe vaccinal.

Ses partisans se réclament des Gilets jaunes, la mobilisation populaire de 2018-2019, déclenchée par une hausse des prix de l’essence qui avait tourné à la révolte contre le président Emmanuel Macron.

En Nouvelle-Zélande, où des manifestants anti-vaccins sont rassemblés depuis trois jours près du Parlement à Wellington, des heurts ont éclaté jeudi entre la police et les manifestants. Plus de 120 personnes ont été arrêtées.