Covid-19 : au Canada, les manifestants continuent leurs blocages, certaines provinces allègent les restrictions sanitaires

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Treize jours. Depuis treize jours, des dizaines de camions bloquent le centre-ville d’Ottawa (Ontario), la capitale canadienne. Autour du Parlement, 418 camions proportionnés au territoire qu’ils sillonnent, énormes, gardent leur moteur allumé et enclenchent régulièrement leurs klaxons assourdissants. Tous ont commencé à manifester d’abord contre l’obligation d’être vacciné pour traverser la frontière avec les États-Unis. Galvanisés par l’écho qu’a eu leur mouvement – des convois sont notamment en route en France -, ils exigent désormais la levée de toutes les restrictions sanitaires en cours dans les dix provinces de cet État fédéral.

L’inquiétude plane : malgré l’emploi de propos ou de symboles haineux – dont des drapeaux nazis et confédérés – plus d’un tiers des Canadiens, fatigués de la durée des restrictions, soutient le mouvement. Des millions de dollars ont été envoyés en solidarité depuis les États-Unis, soulevant le spectre d’un assaut similaire à celui du Capitole, qui le 6 janvier 2021 a donné des sueurs froides à la démocratie américaine. D’autant que Trump, le week-end dernier, s’est prononcé en faveur des camionneurs et qualifié le Premier ministre libéral Justin Trudeau de « fou d’extrême gauche ». Samedi dernier, le mouvement s’est propagé à d’autres villes, sans toutefois provoquer de campement durable.

VIDEO. Canada : les routiers bloquent le centre-ville de Toronto, contre les restrictions sanitaires

D’autres points de blocage demeurent. Si le passage frontalier de Coutts, en Alberta, paralysé plusieurs jours, a été rouvert mardi après-midi, le pont Ambassador reste bloqué par des manifestants.

Une centaine d’enfants

Cette longue voie suspendue de plus de 2 km, qui relie l’Ontario à Detroit, aux États-Unis, est une voie commerciale vitale entre les voisins nord-américains, notamment pour l’industrie automobile et pour les hôpitaux américains qui emploient de nombreuses infirmières canadiennes. Chaque jour, l’Ambassador permet de transiter à quelque 40 000 personnes et 323 millions de dollars américains de marchandises.

La police d’Ottawa, qui a admis samedi ne pas être en mesure d’évacuer les manifestants avant que le maire ne déclenche l’état d’urgence, s’est en outre rendu compte qu’une centaine d’enfants vit dans le campement des camions. « Nous sommes préoccupés par le froid, par l’accès à des installations sanitaires — la possibilité de prendre une douche — il y a une multitude de préoccupations », a expliqué le chef adjoint du Service de police d’Ottawa (SPO), Steve Bell, mardi. Selon lui, le site empeste les gaz d’échappement, celle des barbecues – alimentés par des bouteilles de propane et des bidons d’essence en quantité, les feux de camp et la marijuana. L’Aide sociale à l’enfance a été contactée pour voir ce qu’elle pouvait faire, bien qu’il soit hors de question d’extirper les enfants du convoi.

« Nous sommes tous fatigués des restrictions, de devoir faire des sacrifices quasiment tous les jours mais notre responsabilité en tant que gouvernement, c’est d’assurer la santé et la sécurité de tout le monde », a tenté de plaider mardi Justin Trudeau, sorti de quarantaine, à la Chambre des communes.

Certaines provinces ont toutefois annoncé de nouveaux allégements : la Saskatchewan et l’Alberta, deux provinces du centre qui bordent la frontière américaine, vont renoncer au passeport vaccinal, estimant que « les avantages ne l’emportent plus sur les coûts ». Et pour la première fois depuis la mise en place de nouvelles restrictions liées à la vague Omicron, le Québec a annoncé un calendrier détaillé des allègements à venir. « Au-delà de la manifestation, je pense qu’il faut quand même constater qu’il y a de plus en plus de Québécois qui trouvent qu’il y a trop de contraintes [en raison] de la Covid », a justifié le Premier ministre du Québec François Legault. Les hospitalisations sont passées de 3400, il y a trois semaines, à quelque 2 400 aujourd’hui, ce qui donne « une marge de manœuvre » au gouvernement pour déconfiner.

À partir de samedi, il n’y aura plus de limite légale aux rassemblements privés. Elle était en vigueur depuis près de deux ans. Dans les restaurants, le même jour, on pourra de nouveau envisager des tablées, de dix personnes maximum. Les restrictions dans les maisons de retraite seront aussi allégées, à condition d’avoir un passe vaccinal. Le 14 février, les salles de sport et les spas pourront rouvrir. Le 28 février marquera une étape supplémentaire, avec la fin du télétravail obligatoire, la possibilité de refaire des tournois sportifs. Les salles de spectacles pourront alors rouvrir à pleine capacité, deux semaines avant que les lieux de culte puissent faire de même. En théorie, au 14 mars, toutes les restrictions auront été desserrées.