Ce que l’on sait de Mona Heydari, l’Iranienne décapitée à 17 ans par son mari

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Le nom de Mona Heydari alimente la longue liste des victimes de « crimes d’honneur » en Iran. La jeune femme de 17 ans a été décapitée samedi par son époux à Ahvaz, capitale d’une province au sud-ouest du pays, selon l’agence de presse iranienne Rokna. Une vidéo insoutenable, publiée sur YouTube, met des images sur l’horreur de ces meurtres non pénalisés dans la république islamique : on y voit un homme qui parade dans les rues d’Ahvaz, sourire aux lèvres, tenant à bout de bras la tête de Mona Heydari d’une main, et un grand couteau de l’autre.

Mona Heydari laisse derrière elle un garçon en bas âge. Mariée de force à son cousin, Sajjad Heydari, à seulement 15 ans, l’adolescente était victime de violences conjugales, selon le Women’s Committee NCRI, un comité de défense des femmes iraniennes. « Chaque fois qu’elle demandait le divorce, sa famille la persuadait de rentrer chez elle et de continuer à vivre avec son mari pour le bien de son enfant », rapporte l’organisation.

Fuite en Turquie

La jeune femme avait fui six mois en Turquie, avant de revenir. Son père et son oncle la retrouvent alors et lui promettent une vie en sécurité. Seule et sans ressource, la jeune femme se laisse convaincre. La promesse ne sera jamais tenue. À son retour, Mona est assassinée par son époux et le frère de celui-ci.

Selon le journaliste iranien Farzad Seifikaran, qui cite une source proche de la famille, l’adolescente aurait rencontré un Syrien réfugié en Turquie via Instagram. Un prétexte qui aurait justifié le « crime d’honneur » aux yeux de son meurtrier. Sajjad Heydari et son frère sont en état d’arrestation, dans l’attente d’une procédure judiciaire.

Leur condamnation est loin d’être évidente. Car le pays autorise un père, un frère ou un oncle à tuer en toute légalité une femme infidèle ou un enfant homosexuel pour « laver » l’honneur de la famille. Ces crimes sont plus répandus en zones rurales, figées dans une structure patriarcale archaïque. Dans quelques cas particuliers, la loi prévoit une peine maximale de cinq ans de prison.

Au moins 8 000 crimes d’honneur en quatre ans

Dans un article publié en octobre 2020, la revue médicale The Lancet recense au moins 8 000 victimes de ces prétendus « crimes d’honneur » commis en Iran entre 2010 et 2014. Certaines d’entre elles avaient moins de quinze ans, d’autres à peine dix ans. Un chiffre sans doute largement sous-estimé : les auteurs de ces meurtres ne sont pas traduits en justice, car la plupart des familles ne déposent pas plainte.

La revue souligne que l’article 630 du Code pénal iranien permet à un homme de tuer sa femme et son amant s’il est témoin d’un rapport sexuel, à condition qu’il soit certain du consentement de son épouse. L’article 301 stipule également que le père et le grand-père de la femme tuée ne doivent pas mener de représailles dans ce cadre-là.

« En l’absence d’un système de protection juridique pour les femmes qui ont des enfants et les épouses vivant dans des conditions de violence domestique, les homicides sont répétés et couverts comme des crimes exceptionnels, explique Farzad Seifikaran, désormais installé aux Pays-Bas. Cependant, ces crimes sont enracinés dans des inégalités juridiques, politiques et culturelles qui facilitent la perpétration de crimes sexistes et compliquent la poursuite et la lutte contre ces crimes. »