Tunisie : le président dissout le Conseil de la magistrature

Voir aussi

Jubilé d’Elizabeth II : Meghan et ce prince Harry seront absents du balcon de Buckingham

Jubilé d’Elizabeth II : Meghan et un prince Harry seront absents du balcon de Buckingham

rivalité en Ukraine : la France va apporter 300 millions de dollars d’aide supplémentaires

Guerre chez Ukraine : la France va apporter 300 millions de dollars d’aide supplémcheztaires

Avortement aux Etats-Unis : le gouverneur de l’Oklahoma fondement l’une des lois les plus restrictives

étouffement aux Etats-Unis : le gouverneur de l’Oklahoma signe l’une des lois les plus restrictives

Partager

Le Conseil supérieur de la magistrature, l’organisme indépendant chargé de nommer les juges vient d’être dissous par le président tunisien Kais Saied qui s’est arrogé fin juillet, les pleins pouvoirs. « Le CSM appartient au passé à partir de ce moment », a-t-il déclaré dans une vidéo diffusée dans la nuit où on le voit discuter avec des ministres.

Kais Saied accuse cet organe constitutionnel indépendant de corruption et d’avoir ralenti des procédures dont les enquêtes sur les assassinats de militants de gauche survenus en 2013. « Dans ce conseil, les postes et les nominations se vendent et se font selon les appartenances », a affirmé le chef d’État, en ajoutant : « Vous ne pouvez pas imaginer l’argent que certains juges ont pu recevoir, des milliards et des milliards ». Selon les observateurs, cette décision vise le parti Ennahdha qui a contrôlé le parlement et les différents gouvernements depuis la révolution de 2011 et la chute du dictateur Zine El Abidine Ben Ali.

La « purge » des « magistrats corrompus »

Le « mouvement du 25 juillet » qui regroupe ses partisans, avait appelé samedi Kais Saied à dissoudre le CSM pour « purger » le pouvoir judiciaire de « magistrats corrompus ». Le président a assuré « travailler sur un décret provisoire » pour réorganiser le CSM. Il y a quelques semaines, il avait déjà retiré un certain nombre d’avantages aux membres du CSM. « Malheureusement dans ce pays, certains juges dans les tribunaux ont manipulé le dossier Chokri Belaid », a affirmé le président tunisien à propos d’un dirigeant de gauche tué de trois balles devant son domicile le 6 février 2013.

D’ailleurs, une importante manifestation est prévue ce dimanche à Tunis pour commémorer l’assassinat de ce militant et celui de Mohamed Brahmi, tué dans des circonstances similaires le 25 juillet 2013.

Kais Saied, qui concentre tous les pouvoirs depuis le 25 juillet, a déjà limogé son Premier ministre et gelé le parlement. Une décision qualifiée de coup d’État par le parti Ennahdha et d’autres opposants. Depuis Kais Saied a depuis nommé un gouvernement mais prend ses décisions par décrets. Mi-décembre, il a annoncé un référendum cet été pour réformer la Constitution et des élections législatives en décembre.