Après la mort du chef de l’EI, Joe Biden promet de continuer la traque des djihadistes dans le monde

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Dans les heures qui ont suivi le raid très spectaculaire qui a donné lieu à la mort du chef du groupe terroriste État islamique (EI), en Syrie, jeudi à l’aube, les États-Unis ont partagé de nombreuses informations sur le déroulement des opérations. La vingtaine de commandos américains qui ont participé au raid avaient répété maintes fois l’opération, destinée à capturer vivant Abou Ibrahim al-Hashemi al-Qourachi, le remplaçant à la tête de Daech du mollah Abou Bakr al-Baghdadi.

Al-Qourachi avait été localisé avec sa famille dans un petit immeuble résidentiel d’Atmeh, ville du nord-ouest de la Syrie située à la frontière turque, au pied d’un champ où quelques oliviers étaient plantés. Une famille étrangère aux exactions de Daech était installée au premier étage et les commandos ont tenté de les évacuer. Parties de la ville à majorité kurde de Kobané, à 200 km de là, les forces américaines ont déferlé à bord d’hélicoptères, utilisant des haut-parleurs pour leur demander de sortir. Une femme a raconté avoir entendu : « Hommes, femmes et enfants, levez les mains. Vous êtes en sécurité dans la coalition américaine qui entoure la zone. Vous allez mourir si vous ne sortez pas ».

« C’est en raison du risque que courent cette famille involontaire et d’autres civils dans la région que le président Biden a ordonné cette opération d’assaut aérien, mettant nos propres troupes en danger afin de minimiser les risques pour les autres », a déclaré mercredi à la presse un haut responsable de l’administration, sous couvert d’anonymat. Selon lui, la famille a pu être mise en sécurité. Selon le porte-parole du Pentagone, John Kirby, dix « civils » ont pu sortir du bâtiment, six du premier étage et quatre enfants du deuxième étage.

Al-Qourachi a déclenché une ceinture explosive « sans combattre, alors même que nous essayions de l’appeler à se rendre », a précisé le général Kenneth McKenzie, chef du Commandement central de l’armée américaine. Un lieutenant de Daech et sa femme qui s’étaient barricadés au deuxième étage du bâtiment en parpaing, ont ouvert le feu sur les soldats d’élite américains. Ils ont été tués, de même que deux des combattants venus de l’extérieur pour défendre leur chef. « L’explosion a été si importante, au troisième étage, qu’elle a projeté des corps à l’extérieur de la maison et dans les environs », a déclaré un autre responsable. Le chef de Daech a été identifié par ses empreintes digitales et son ADN.

Allocution spéciale depuis la Maison Blanche

À en croire Kirby, la femme du leader et deux enfants ont été tués dans l’explosion mais les Casques blancs, les premiers intervenants de la défense civile syrienne, et l’Observatoire syrien des droits de l’Homme ont affirmé que treize personnes avaient été tuées dans le raid, dont six enfants et quatre femmes. Le sujet est particulièrement délicat pour l’armée américaine, impliquée fin août dans une frappe de drone qui a tué par erreur dix civils, dont sept enfants, à Kaboul. Le secrétaire américain à la Défense, Lloyd Austin, s’est engagé à ce que « compte tenu de la complexité de cette mission », les autorités américaines vérifient « la possibilité que nos actions aient également causé des dommages à des personnes innocentes ».

Le président Joe Biden, qui suivait le raid depuis la salle de crise de la Maison-Blanche, a qualifié ce suicide de « dernier acte de lâcheté désespérée » d’un membre de l’EI. Il faisait référence au geste identique accompli par son prédécesseur, le fondateur de l’État islamique Abou Bakr al-Baghdadi, lors d’un raid américain en 2019 en Syrie.

« Cette opération témoigne de la portée et de la capacité des États-Unis à éliminer les menaces terroristes, peu importe où ils essaient de se cacher n’importe où dans le monde », a fait valoir le président américain lors d’une allocution spéciale depuis la Maison Blanche.

Join me as I deliver remarks on a successful counterterrorism operation in Northwest Syria to protect the American people and make the world a safer place. https://t.co/RwBJYD9s5m

— President Biden (@POTUS) February 3, 2022

Joe Biden a assuré que les États-Unis, malgré le catastrophique retrait d’Afghanistan en août dernier, restaient engagés dans la lutte internationale contre le terrorisme. « Cette opération est la preuve que l’Amérique a les moyens et la capacité d’éliminer des menaces terroristes quel que soit l’endroit du monde où elles se cachent », a-t-il dit. « Nous sommes à vos trousses et nous vous trouverons », a lancé le démocrate de 79 ans, en évoquant les chefs de groupes djihadistes dans le monde.

Aucune information n’a filtré sur l’arrestation d’éventuels prisonniers. Des membres des Forces démocratiques syriennes (FDS), dominées par les Kurdes et formées par les États-Unis, ont participé à l’opération, mais sans prendre part à l’assaut lui-même, selon Washington. Joe Biden a salué jeudi leur contribution « essentielle ». Après le départ des commandos, des correspondants de l’AFP ont vu les restes carbonisés d’un hélicoptère américain, victime d’un problème technique et détruit par les forces spéciales avant d’être abandonné.