Russia Today interdite en Allemagne : la Russie ferme le média Deutsche Welle en représailles

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Les représailles n’ont pas tardé. La Russie a ordonné ce jeudi la fermeture du bureau local de la radio-télévision internationale allemande Deutsche Welle et banni ses programmes, en réponse à l’interdiction faite à la chaîne russe Russia Today de diffuser en Allemagne. Cette fermeture annoncée par le ministère russe des Affaires étrangères est une première pour un grand média occidental dans l’histoire post-soviétique du pays. Elle intervient en outre en pleine crise entre Moscou et les Occidentaux au sujet de l’Ukraine, qui redoute une invasion russe.

Les « mesures de rétorsion » annoncée par Moscou ce jeudi impliquent la « fermeture du bureau » local de Deutsche Welle, le « retrait de l’accréditation de tous les employés » de ce bureau et « l’interruption de la diffusion » de ce média sur le territoire russe. Le ministère russe des Affaires étrangères a également annoncé le lancement d’une procédure visant à reconnaître Deutsche Welle en tant « qu’agent de l’étranger », qualificatif infamant et controversé déjà appliqué à plusieurs médias russes critiques du pouvoir.

La chaîne allemande a immédiatement jugé « absurde » et « incompréhensible » la décision russe. « Les mesures des autorités russes sont incompréhensibles et excessives », a critiqué le président de Deutsche Welle, Peter Limbourg, dans un communiqué. DW « proteste contre cette réaction absurde », qui n’a pas encore été officiellement notifiée, et va « continuer » de travailler dans son bureau de la capitale russe. « Même si nous devons finalement fermer », la chaîne promet de « renforcer nettement la couverture » du pays, où elle détient depuis 2005 des licences pour diffuser en allemand et anglais. Celles-ci sont valables jusqu’en 2027 et 2025 respectivement, précise le média.

D’autres sanctions prévues

Selon Moscou, des sanctions sont également prévues contre les « représentants de structures étatiques et publiques allemandes impliqués dans la restriction de la diffusion de RT », chaîne qui promeut notamment la position du Kremlin à l’étranger. Les autorités russes ont précisé que ces mesures relevaient d’une « première étape », promettant une réponse supplémentaire « en temps utile ». Moscou a également promis une punition à l’encontre des plates-formes en ligne ayant « supprimé de manière arbitraire et injustifiée les comptes de la chaîne », une référence apparente au géant américain YouTube, qui a suspendu le 16 décembre le compte en allemand de RT le jour de sa mise en service.

Mercredi, le régulateur allemand des médias ZAK a interdit la diffusion du canal en allemand de Russia Today sur son site Internet et sur une application mobile, arguant du fait que « l’autorisation nécessaire » n’a été « ni demandée ni accordée ». La diffusion par satellite de « RT DE » avait été interrompue peu après son lancement le 16 décembre, également à la requête des autorités. Moscou estime que cette décision est en réalité « motivée par des considérations politiques ».

Ces trente dernières années, le Kremlin s’était gardé de s’en prendre aux médias étrangers, alors que le secteur médiatique russe a été, lui, mis au pas depuis que Vladimir Poutine a pris les commandes du pays en 2000. Mais à mesure de l’aggravation des relations avec les Occidentaux, cette politique s’est infléchie avec notamment l’expulsion d’une journaliste de la BBC et d’un reporter néerlandais en 2021.