Ukraine : Macron et Biden se sont parlé, Washington n’évoque plus une invasion «imminente»

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Qu’en est-il de la situation à l’est de l’Europe ? Ce jeudi, elle n’a guère avancé. La Russie a encore démenti tout projet d’invasion de l’Ukraine, mais a bien précisé, mercredi, qu’elle n’était pas d’humeur à faire des compromis. Le Premier ministre Boris Johnson en a pris pour son grade, accusé par Moscou d’être « complètement désorienté ». Le ballet diplomatique se poursuit.

Macron a parlé à Biden et contactera Poutine

Mercredi soir au téléphone, le président français et son homologue américain se sont engagés à coordonner leur réponse face à la menace d’une entrée des troupes russes en Ukraine. Macron et Biden « ont affirmé leur soutien à la souveraineté et à l’intégrité territoriale de l’Ukraine », selon l’exécutif américain. De son côté, l’Élysée a annoncé qu’Emmanuel Macron, qui envisage toujours de se rendre à Moscou pour trouver une solution diplomatique, allait avoir un nouvel entretien avec Vladimir Poutine ce jeudi à 18 heures, heure française (20 heures, heure russe).

Biden veut rassurer l’Otan

Tandis que les États-Unis ont annoncé renforcer leurs bases en Pologne et en Roumanie en déployant 3 000 soldats en plus des 900 qui y sont installés à l’année, le président américain Joe Biden a déclaré que le déploiement prévu était conforme à ce qu’il avait dit au président russe Vladimir Poutine : « Tant qu’il agit de manière agressive, nous allons nous assurer de rassurer nos alliés de l’Otan et l’Europe de l’Est (que) nous sommes là et que l’article V est une obligation sacrée », a déclaré Biden sur CNN mercredi soir. L’article V fait référence à la pierre angulaire de l’alliance atlantique : une attaque contre un allié est considérée comme une attaque contre tous.

Cette déclaration intervient après que le quotidien espagnol El Pais a publié deux documents confidentiels puis que le Pentagone a confirmé qu’il s’agissait de réponses écrites des États-Unis et de l’Otan, rédigées la semaine dernière, aux propositions de la Russie concernant un nouvel arrangement de sécurité en Europe. Les Américains seraient disposés à discuter « d’un mécanisme de transparence pour confirmer l’absence de missiles de croisière Tomahawk » sur des sites en Roumanie et en Pologne. En échange de transparence réciproque de la part des Russes sur « deux bases de missiles à lanceur terrestre de notre choix en Russie ».

Washington ne parle plus d’invasion « imminente »

La porte-parole de la Maison Blanche, Jen Psaki, a déclaré mercredi que l’administration avait cessé de qualifier d’« imminente » une invasion russe, car ce mot implique que Washington sait que Poutine a pris la décision d’envahir le pays. Employer ce terme « a envoyé un message différent de celui que nous souhaitions transmettre », a-t-elle justifié. La semaine dernière, le président ukrainien Volodymyr Zelensky avait appelé les Occidentaux à ne pas semer la « panique ».

Selon les responsables, les intentions de Poutine restent floues. Mais, a ajouté Psaki, le président russe a placé ses militaires à la frontière ukrainienne de façon à ce qu’ « ils puissent mener une invasion à tout moment ».

Des images satellites confirment le renforcement récent des troupes russes

De nouvelles images satellites révèlent une nouvelle expansion de la présence militaire russe en de multiples endroits de Biélorussie – où les forces de Potine sont entrées au cours des deux dernières semaines -, de la Crimée et de la Russie occidentale. La société Maxar qui a recueilli et analysé les images note que ces déploiements « reflètent un niveau accru d’activité et de préparation ». En comparant les images de l’automne et celles de fin janvier, il est établi que « des tentes/abris pour le personnel ont été vus sur pratiquement tous les sites de déploiement en Biélorussie, en Crimée et en Russie occidentale, ce qui suggère que les unités sont désormais accompagnées de troupes et ont augmenté leur niveau de préparation global », écrit encore la société qui affirme que « des activités locales d’entraînement militaire (y compris des tirs d’artillerie à balles réelles et des entraînements à la manœuvre) ont été observées ». Les images montrent notamment des cratères d’impact dans deux zones d’entraînement, à Persianovsky, à 50 km de la frontière ukrainienne, et à Pogonovo, à 220 km.

Comparaison des déploiements militaires russes à Novoozernoye, en Crimée, entre le 15 septembre 2021, à gauche, et le 1er février, à droite. REUTERS/Maxar TechnologiesMission médiation à Kiev pour un Erdogan pris entre ses alliés

Le président turc Recep Tayyip Erdogan se rend ce jeudi dans la capitale ukrainienne officiellement pour un forum économique alors que les deux pays entretiennent de fortes relations commerciales. Erdogan doit s’entretenir avec son homologue Volodymyr Zelensky. Le chef de l’État turc fait valoir son appartenance à l’Otan et ses bonnes relations avec Kiev pour tenter une médiation à laquelle il espère associer le maître du Kremlin. « En tant que membre de l’Otan, nous ne voulons pas d’une guerre entre la Russie et l’Ukraine, ce serait de mauvais augure pour la région », a insisté ce week-end le président turc, plaidant pour une « solution pacifique » à la crise.

La semaine dernière, Erdogan avait proposé un sommet Poutine-Zelensky en Turquie pour « ouvrir la voie au retour de la paix ». Le président russe l’avait remercié, indiquait qu’il répondrait à l’invitation « lorsque la pandémie et son agenda le permettr (aient) ». Il n’avait pas manqué, néanmoins, de reprocher à Erdogan d’avoir fourni des drones de combat à son allié ukrainien. Si elle se dit attachée à l’Otan, la Turquie est marginalisée au sein de l’organisation depuis qu’elle a acquis le système de missiles russe S-400.

Le chancelier allemand « bientôt » à Moscou

Le chancelier allemand Olaf Scholz a annoncé tard mercredi qu’il se rendrait « bientôt » à Moscou pour des entretiens destinés à désamorcer la crise. « Je vais me rendre à présent aux États-Unis », le 7 février où une rencontre avec le président Joe Biden est programmée, « et je vais aussi prochainement aller à Moscou pour des entretiens », a-t-il dit sur la chaîne de télévision publique ZDF. Il n’a pas donné de date précise mais assuré qu’un « rendez-vous est fixé et qu’il aura lieu bientôt ».

« La situation est très sérieuse et on ne peut ignorer qu’un grand nombre de soldats sont massés à la frontière ukrainienne, c’est tout ce qui rend possible une telle intervention militaire » de la Russie contre l’Ukraine, a encore jugé le nouveau chef du gouvernement allemand.