Ukraine : coup de fil entre Moscou et Washington, menaces de sanctions… le point sur une nouvelle journée de tensions

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La Russie et les États-Unis se sont déchirés lundi lors du Conseil de sécurité de l’ONU au sujet des troupes massées par Moscou près de l’Ukraine. Si un coup de téléphone est attendu ce mardi entre le secrétaire d’État américain Antony Blinken et son homologue russe Sergueï Lavrov pour déterminer la suite à donner sur cette crise, les Occidentaux menacent désormais les oligarques russes de leur faire payer toute escalade militaire.

Une réunion du Conseil de sécurité de l’ONU houleuse. Sur le papier, les États-Unis et la Russie « continuent à appeler à la diplomatie » sur l’Ukraine. Sauf que la session du Conseil de sécurité s’est tenue à la demande des États-Unis, et contre la volonté de la Russie a tourné à l’affrontement ouvert en rappelant des anciens parfums de Guerre froide. L’ambassadeur de Russie aux Nations unies, Vassily Nebenzia, a accusé Washington de chercher à « créer l’hystérie » et à « tromper la communauté internationale » avec des « accusations infondées ». Et pour appuyer là où cela fait mal, Vassily Nebenzia s’est fait un plaisir de renvoyer les États-Unis à l’un des chapitres les plus embarrassants de leur histoire diplomatique et militaire récente avec l’invasion de l’Irak en 2003 en rappelant que Washington avait bien assuré avoir des preuves d’armes de destruction massive dans ce pays… Qui n’ont jamais été trouvées.

Reste que son homologue américaine Linda Thomas-Greenfield a estimé de son côté que le déploiement de plus de 100 000 militaires russes autour de l’Ukraine menaçait « la sécurité internationale ». Elle a assuré détenir des « preuves » et a accusé Moscou de vouloir déployer début février plus de 30 000 militaires supplémentaires au Bélarus, dont le régime est très proche du Kremlin.

Un appel téléphonique attendu entre le secrétaire d’État américain Antony Blinken et son homologue russe Sergueï Lavrov. Washington a annoncé avoir reçu une nouvelle « réponse écrite » de Moscou après un premier échange de courriers. La teneur n’a pas été dévoilée. Cependant, les deux hommes vont devoir s’atteler au principal point de blocage : Moscou réclame que l’Otan ferme sa porte à tout nouveau pays membre venu d’Europe de l’Est et, en particulier, à l’Ukraine. Une demande jugée inacceptable par les Occidentaux, et notamment par Washington, car elle équivaudrait à reconnaître à la Russie une sphère d’influence réservée.

Le Kremlin assure ne pas avoir l’intention d’attaquer mais réclame des « garanties » formelles de sécurité : outre l’assurance juridique que l’Ukraine n’entrera jamais dans l’Otan, le retour aux déploiements militaires de l’Alliance atlantique à ses portes tels qu’ils étaient en 1997. Les États-Unis et l’Otan ont déjà rejeté ces demandes clés dans des courriers la semaine dernière.

Les Occidentaux préparent des sanctions. Parallèlement aux manœuvres diplomatiques, les Occidentaux préparent un arsenal de sanctions. Les États-Unis comme le Royaume-Uni, qui est l’un des terrains d’investissement favoris des grandes fortunes russes, ont dit lundi vouloir taper au portefeuille le premier cercle du pouvoir russe et des proches du Kremlin.

Du côté de Londres, les oligarques russes risqueront le gel de leurs avoirs au Royaume-Uni et l’impossibilité d’entrer sur son territoire. Il sera également impossible pour une entreprise ou un individu au Royaume-Uni d’effectuer des transactions avec eux.

À l’inverse Moscou, principal exportateur de gaz pourrait avoir la tentation de couper les robinets d’alimentation vers les pays européens. En plein hiver, cette mesure aurait un sérieux impact économique pour les pays occidentaux à commencer par l’Allemagne. Les pays sont déjà en train de chercher de nouveaux fournisseurs comme le Qatar. Mais le transport et les conditions d’approvisionnement pourraient faire s’envoler les prix du gaz, déjà haut, dans les prochaines semaines.

Les Européens veulent avoir leur mot à dire. Les Européens souhaitent ne pas être en reste des efforts diplomatiques menés par Washington. « Nous exhortons la Russie à reculer et à engager un dialogue pour trouver une solution diplomatique et éviter de nouvelles effusions de sang », exhorte dans un communiqué Boris Johnson, le Premier ministre britannique qui espère s’entretenir cette semaine avec Vladimir Poutine avant de proposer cette semaine à l’Otan un déploiement de troupes pour répondre à la montée de « l’hostilité russe » envers l’Ukraine.

Le président français Emmanuel Macron s’active également, après un nouvel entretien téléphonique lundi (le second en quatre jours) avec Vladimir Poutine. Ce dernier lui a redit qu’il voulait des « garanties de sécurité » pour son pays. En même temps, le ministre français des Affaires étrangères Jean-Yves Le Drian, son homologue allemande Annalena Baerbock ainsi que le Premier ministre polonais Mateusz Morawiecki sont attendus cette semaine à Kiev. » Le Premier ministre britannique Boris Johnson est aussi attendu à Kiev ce mardi. « En tant qu’ami et partenaire démocratique, le Royaume-Uni continuera de défendre la souveraineté de l’Ukraine face à ceux qui cherchent à la détruire », a déclaré Boris Johnson dans un communiqué de Downing Street. « Nous exhortons la Russie à reculer et à engager un dialogue pour trouver une solution diplomatique et éviter de nouvelles effusions de sang », a-t-il lancé.