Crise en Ukraine : inquiétude côté Etats-Unis, déception en Russie

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Les acteurs de la crise ukrainienne continuent de souffler le chaud et le froid ce jeudi. Alors que l’Ukraine reste sous la menace d’une déstabilisation et/ou d’une invasion russe, les Etats-Unis font part de leur inquiétude, la Russie de sa déception et l’Ukraine d’un optimisme modéré. Dans le même temps, la France renforce sa présence militaire dans les pays les plus à l’est de l’Otan, l’Organisation du traité de l’Atlantique nord.

Washington, la capitale américaine, et ses alliés européens accusent Moscou, la capitale russe, de préparer une invasion de l’Ukraine après avoir massé 100 000 soldats à proximité des frontières de son voisin. La Russie dément tout projet d’invasion mais exige que l’Otan s’engage à refuser une adhésion de l’Ukraine, une demande rejetée par les Occidentaux.

Les Etats-Unis inquiets d’un « risque mondial ». Le secrétaire d’Etat américain, l’équivalent d’un ministre des Affaires étrangères, Antony Blinken, a déclaré à son homologue chinois, Wang Yi, qu’une agression de la Russie contre l’Ukraine menacerait la sécurité et l’économie mondiales. « Le secrétaire Blinken a souligné les risques mondiaux pour la sécurité et l’économie que poserait une nouvelle agression russe contre l’Ukraine et a indiqué que la désescalade et la diplomatie représentaient le chemin responsable », a déclaré le porte-parole du ministère, Ned Price. « Tout indique » que le président russe, Vladimir Poutine, « va faire usage de la force militaire à un moment donné, peut-être entre maintenant et mi-février », a lancé mercredi la vice-secrétaire d’Etat, Wendy Sherman.

La Russie juge la réponse américaine « pas positive ». Le chef de la diplomatie russe, Sergueï Lavrov, indique ce jeudi que les Etats-Unis n’ont pas donné de réponse positive à la « principale » revendication russe, à savoir la fin de l’élargissement de l’Otan, en particulier à l’Ukraine. « Il n’y a pas de réponse positive à la question principale » dans les documents reçus par Moscou de la part de Washington. Mais « il y a une réaction qui permet d’espérer le début d’une conversation sérieuse sur des questions secondaires », estime-t-il dans un communiqué. « La question principale est notre position claire sur le caractère inacceptable de la poursuite de l’expansion de l’Otan vers l’est et du déploiement d’armes de frappe qui pourraient menacer le territoire russe », précise-t-il, dénonçant une nouvelle fois « l’expansion effrénée de l’Alliance » atlantique malgré des promesses faites à Moscou dans les années 1990.

« On ne peut pas dire que nos points de vue aient été pris en compte, ou qu’il y ait une volonté de prendre en considération nos préoccupations », a abondé le porte-parole du Kremlin, le siège de la présidence russe, Dmitri Peskov. « Nous n’allons pas faire traîner la réaction, (…) mais ne nous attendons pas à ce que la réaction arrive là, maintenant. »

VIDÉO. En Ukraine, les soldats bravent le froid des tranchées face à la menace Russe

L’Ukraine salue la poursuite des discussions. La poursuite des discussions russo-ukrainiennes début février à Berlin, la capitale allemande, est une « bonne nouvelle ». Cela suggère que la Russie va privilégier la voie diplomatique au moins d’ici là, affirme ce jeudi le chef de la diplomatie ukrainienne. « La bonne nouvelle est que les conseillers ont accepté de se rencontrer à Berlin dans deux semaines, ce qui signifie qu’au moins pour les deux prochaines semaines, la Russie est susceptible de rester sur une voie diplomatique », se félicite Dmytro Kouleba lors d’une conférence de presse tenue au Danemark.

Mais la rencontre mercredi à Paris des diplomates russes et ukrainiens avec des représentants français et allemands n’a toutefois « rien changé » sur le fond : « Ça, c’est la mauvaise nouvelle. » Dmytro Kouleba a renouvelé son appel à aider son pays en armes défensives et soutiens financiers. « Si je suis un grand partisan du soft power, c’est l’heure d’utiliser le hard power (NDLR : la manière forte, en opposition à la manière douce). Une Ukraine forte est en soi la meilleure mesure de dissuasion. »

La France présente en Roumanie. Des experts français sont attendus en Roumanie en vue du possible déploiement de troupes dans le cadre de l’Otan. « Une mission d’experts du ministère arrive aujourd’hui même pour étudier les paramètres » d’une telle opération, a indiqué la ministre des Armées, Florence Parly, lors d’une brève déclaration à la presse, à l’issue d’une rencontre avec son homologue roumain, Vasile Dancu, dont le pays est frontalier du sud de l’Ukraine. Après avoir contribué à la sécurité des partenaires européens dans les pays baltes, « nous avons indiqué notre disponibilité à aller plus loin », a-t-elle rappelé, alors que « la situation sécuritaire est inquiétante sur le flanc est de l’Europe » .

La Chine défend les « préoccupations » russes. Lors de son entretien avec Antony Blinken, Wang Yi, le ministre chinois des Affaires étrangères, pour sa part, a défendu ce qu’il qualifie de « préoccupations raisonnables » de la Russie pour sa sécurité. « Nous appelons toutes les parties au calme, à s’abstenir d’accroître les tensions et monter la crise en épingle », est-il écrit dans un communiqué diffusé à la suite de cette discussion de haut rang diplomatique. Cette prise de position intervient à huit jours de l’ouverture des Jeux olympiques d’hiver de Pékin, la capitale chinoise, qui s’accompagnent traditionnellement d’une « trêve » dans les conflits mondiaux.

L’Allemagne met le gazoduc Nord Stream II dans la balance. La Russie s’expose à des « conséquences massives » en cas d’agression contre l’Ukraine avec un ensemble de sanctions en préparation par les Occidentaux, qui incluent le gazoduc germano-russe controversé Nord Stream II, indique la cheffe de la diplomatie allemande. « Nous sommes en train de travailler à un paquet de sanctions fortes » avec les alliés occidentaux dans ce cas de figure, qui couvre plusieurs aspects « y compris Nord Stream II », a déclaré Annalena Baerbock devant la chambre des députés.

Ce gazoduc, qui doit acheminer du gaz russe en Allemagne et en Europe via la mer Baltique, en contournant l’Ukraine, est achevé. Mais sa mise en service reste actuellement bloquée par le régulateur énergétique allemand pour des raisons juridiques. Le gouvernement de coalition allemand, qui réunit des sociaux-démocrates plutôt favorables à une approche conciliante avec Moscou, et les écologistes et Libéraux partisans d’une ligne plus dure, n’a cessé de souffler le chaud et le froid sur ce sujet.

Les séparatistes prorusses d’Ukraine demandent des armes à la Russie. Le principal représentant des séparatistes prorusses de l’est de l’Ukraine a réclamé ce jeudi que Moscou fournisse des armes pour faire face aux forces ukrainiennes. « Nous avons besoin de faire face aux Bayraktar », a indiqué Denis Pouchiline, à la tête du bastion rebelle de Donestk, en référence aux drones de fabrication turque livrés l’année dernière aux forces ukrainiennes malgré les vives protestations de la Russie.