La Russie ajoute l’opposant Alexeï Navalny à sa liste de «terroristes et extrémistes»

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La Russie marque un pas de plus dans la répression de son opposition. Les autorités russes ont ajouté mardi le principal opposant du pays, Alexeï Navalny à la liste des « terroristes et extrémistes », tout comme l’une de ses collaboratrices en exil, Lioubov Sobol.

Selon le Fonds de lutte contre la corruption (FBK), l’organisation d’Alexeï Navalny, interdite en juin, et au moins neuf autres personnes liées à ce mouvement, ont également été ajoutées à cette liste. Cette décision s’inscrit dans un contexte de répression en Russie ces deux dernières années contre l’opposition, les médias et la société civile, jugés critiques envers le président Vladimir Poutine.

Mi-janvier, les deux principaux lieutenants de l’opposant, Ivan Jdanov et Léonid Volkov, qui vivent en exil, avaient eux aussi été ajoutés à cette même liste du service russe des renseignements financiers. « C’est génial que de telles personnes rejoignent notre super équipe de terroristes », a ironisé sur Twitter Ivan Jdanov, qui dirigeait le FBK.

Une décision « inacceptable » pour l’UE

Ce catalogue comprend des milliers d’individus et des centaines d’organisations islamistes, religieuses et ultra-nationalistes interdites en Russie. On y trouve par exemple les talibans afghans et le groupe djihadiste État islamique. Le porte-parole du chef de la diplomatie de l’UE Josep Borrell, Peter Stano, a dénoncé une décision « inacceptable ».

Ennemi juré du Kremlin, Alexeï Navalny a été arrêté en janvier 2021 lors de son retour en Russie après une convalescence en Allemagne, due à un empoisonnement dont il tient Vladimir Poutine pour responsable. La Russie n’a jamais mené d’enquête à terme sur cet empoisonnement en Sibérie en août 2020, affirmant ne voir aucune preuve d’un crime et accusant Berlin de refuser de partager les analyses médicales du célèbre opposant.

Un prix Sakharov en 2021

Après son retour et son arrestation, Alexeï Navalny, 45 ans, s’est vu infliger une peine de deux ans et de demi de prison pour une ancienne affaire de fraude qu’il qualifie de politique. Cette condamnation a suscité une pluie de critiques internationales et de nouvelles sanctions occidentales contre Moscou. En guise de soutien, le Parlement européen a remis à Alexis Navalny son prix Sakharov 2021 de défense de la liberté de pensée.

En dépit de son incarcération, l’opposant continue d’exhorter ses concitoyens à faire front, publiant régulièrement des messages sur les réseaux sociaux. Le 17 janvier, un an jour pour jour après son arrestation, Alexeï Navalny a ainsi affirmé « ne rien regretter » et appelé les Russes à ne pas avoir « peur ». L’arrestation de l’opposant avait déclenché plusieurs journées de manifestations il y a un an, toutes brutalement réprimées.