Liban : l’ex-Premier ministre Saad Hariri se retire de la vie politique

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C’est une page qui se tourne dans l’histoire récente du pays du cèdre. L’ancien Premier ministre et principal leader sunnite libanais Saad Hariri a annoncé lundi son retrait de la vie politique libanaise, évoquant notamment « l’influence iranienne » sur le pays, le « désordre sur la scène internationale » et les « divisions internes ». En creux, un tacle appuyé au « parti de Dieu », le Hezbollah, qui divise le pays plus que jamais.

Le quinquagénaire, propulsé sur la scène politique après l’assassinat de son père, l’ancien Premier ministre Rafic Hariri, en 2005, a annoncé sa décision lors d’un bref discours prononcé à Beyrouth. Cette annonce intervient après une série de revers financiers et politiques au cours des dernières années, tandis que le Liban est frappé par la pire crise socio-économique de son histoire. « Je suspends ma participation à la vie politique et invite ma famille politique au sein du Courant du Futur à suivre ma voie », a-t-il déclaré, appelant le principal parti sunnite qu’il préside à ne pas présenter de candidats aux élections législatives prévues en mai.

« Il n’existe aucune opportunité positive au Liban (en raison) de l’influence iranienne sur le pays, du désordre sur la scène internationale, des divisions internes, du confessionnalisme et du délitement de l’État », a expliqué Rafic Hariri. L’Arabie saoudite était jadis le principal allié régional d’Hariri, avant que leurs relations ne se détériorent au cours des dernières années, Ryad estimant qu’il était trop complaisant envers le mouvement chiite Hezbollah.

Le Premier ministre Najib Mikati a réagi rapidement. Il a estimé que les propos de Saad Hariri « constituent un moment triste pour le pays et pour lui personnellement ». « Je comprends toutefois les circonstances douloureuses par lesquelles il passe et l’amertume qu’il ressent. Mais nous resterons unis pour la nation, et nous resterons modérés, même si les circonstances changent », a-t-il écrit sur Twitter.

Poids lourd de la politique libanaise, le Hezbollah est armé et financé par l’Iran chiite, grand rival régional de l’Arabie saoudite sunnite, et représente la seule faction libanaise à avoir gardé ses armes après la guerre civile (1975-1990). Au Liban, abonné aux crises politiques à répétition, le chef du clan Hariri a déjà dirigé trois gouvernements. Depuis son accession au pouvoir pour la première fois en 2009, il s’est peu à peu forgé une réputation d’homme de compromis.

Le Hezbollah fragilisé par ricochet

Il a présenté sa troisième démission environ deux semaines après le début des manifestations populaires contre la classe politique le 17 octobre 2019. Malgré sa nomination le 22 octobre 2020 pour former le gouvernement, il n’a pas pu aller au bout de sa mission du fait du ressentiment populaire et des divisions politiques.

Lors des dernières élections de 2018, qui ont consolidé l’influence du Hezbollah, le nombre de sièges du bloc parlementaire d’Hariri a diminué d’environ un tiers, et certains ont lié la baisse de sa popularité aux concessions politiques qu’il a faites, qui, selon lui, visaient à préserver la paix civile. Ce boycott de la part de Saad Hariri met dans l’embarras différents partis et potentiels alliés, comme le Parti socialiste progressiste du leader druze Walid Joumblatt, mais aussi le Hezbollah qui entretenait ces dernières années un modus vivendi avec l’ex-chef du gouvernement.

Le richissime homme d’affaires et député sunnite Fouad Makhzoumi, rival de Saad Hariri, pourrait devenir un recours pour la population qui ne se reconnaîtrait pas dans le reste de la scène politique libanaise.