Ukraine : menaces, manœuvres navales… le point sur les tensions entre la Russie et les Etats-Unis

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La situation se tend entre les Américains et les Russes, et le risque d’une escalade en Ukraine grandit. Alors que la Russie a déployé des dizaines de milliers de soldats à la frontière ukrainienne, dans le Donbass, ce qui suscite la crainte chez les Occidentaux d’une invasion, Joe Biden a fait une sortie très commentée, mercredi lors d’une conférence de presse.

Le président américain a mis la Russie en garde contre de « lourdes » pertes humaines si elle venait à attaquer son voisin. Le Kremlin lui a répondu, et annoncé des exercices navals en janvier et février dans l’Atlantique, l’Arctique, le Pacifique et la Méditerranée, quelques heures après que les Etats-Unis ont autorisé les pays baltes à envoyer des armes américaines à l’Ukraine.

VIDÉO. Si la Russie attaquait l’Ukraine demain, quelle serait la position de la France ?

Au moment où la tension monte, Moscou et Washington doivent tenter une nouvelle fois vendredi de désamorcer la menace d’un nouveau conflit en Ukraine lors d’un face-à-face à Genève entre le chef de la diplomatie américaine, Antony Blinken, et son homologue russe, Sergueï Lavrov. Chronologie des dernières 24 heures.

Joe Biden menace la Russie

Lors d’une conférence de presse à la Maison Blanche, le président des Etats-Unis a évoqué les tensions avec la Russie. Et il a été très clair. La Russie va être confrontée à « un désastre » si elle envahit l’Ukraine, a-t-il ainsi lancé, tout en estimant que son homologue russe Vladimir Poutine ne voulait pas d’une « guerre à grande échelle ». Joe Biden a évoqué une situation qui pourrait « échapper à tout contrôle ».

Le président américain, qui a expliqué que Vladimir Poutine allait « tester l’Occident », a toutefois tendu la main aux Russes, notamment sur leurs exigences : la Russie veut que l’Ukraine n’adhère jamais à l’Otan et que les Occidentaux ne déploient pas d’armes stratégiques sur le territoire ukrainien.

Ce jeudi, il a de nouveau tancé son homologue russe. « Si un groupe d’unités russes, quel qu’il soit, traverse la frontière de l’Ukraine, c’est une invasion. » « Cela entraînera une réponse économique sévère et coordonnée dont j’ai discuté en détail avec nos alliés », a-t-il ajouté, s’adressant à la presse avant une réunion consacrée à ses projets d’infrastructures. « Il ne doit y avoir aucun doute : si Poutine fait ce choix, la Russie le paiera très cher », a insisté le démocrate.

« Remarques déstabilisatrices », regrette le Kremlin

La réponse russe n’a pas tardé. Le Kremlin a dénoncé jeudi les remarques « déstabilisatrices » du président américain Joe Biden sur l’Ukraine. « Les déclarations se répètent sans cesse et ne contribuent en rien à l’apaisement des tensions actuelles. De plus, elles peuvent contribuer à déstabiliser la situation », a déclaré aux journalistes le porte-parole du Kremlin, Dmitri Peskov.

Les Russes estiment même que les mots de Joe Biden « peuvent susciter des espoirs totalement faux parmi les têtes brûlées de certains représentants ukrainiens (…) qui pourraient tenter de résoudre par la force le problème du sud-est de l’Ukraine ».

Les Etats-Unis autorisent les pays baltes à envoyer des armes américaines à l’Ukraine

Quelques heures après les mots de Joe Biden, les Etats-Unis sont passés à l’action, et ils ont approuvé les demandes des pays baltes d’expédier des armes de fabrication américaine à l’Ukraine. Les Etats-Unis « accélèrent les transferts autorisés d’équipements d’origine américaine provenant d’autres alliés », a ainsi précisé un responsable du département d’Etat depuis Berlin, où le chef de la diplomatie américaine Antony Blinken a démarré des entretiens sur l’Ukraine avec les Européens. Alors que les quantités exactes et les types d’armes n’ont pas été précisés, les pays baltes concernés seraient l’Estonie, la Lettonie et la Lituanie.

Exercices navals annoncés par la Russie

Les Russes ont annoncé, jeudi, qu’ils allaient faire des exercices navals en janvier et février dans l’Atlantique, l’Arctique, le Pacifique et la Méditerranée. « Au total, plus de 140 navires de guerre et navires de soutien, plus de 60 avions, 1 000 pièces d’équipement militaire et environ 10 000 militaires doivent y prendre part », a précisé le ministère de la Défense, cité par les agences de presse russes.

Selon le ministère, ces exercices auront lieu aussi bien dans « les eaux et les mers adjacentes au territoire russe » que dans des « zones océaniques importantes sur le plan opérationnel ». L’objectif ? « Mettre en pratique les forces navales, aériennes et spatiales pour protéger les intérêts nationaux russes dans les océans du monde et pour contrer les menaces militaires contre la Russie depuis les mers et les océans. »

L’Union européenne « prête » à des sanctions financières « massives »

Le monde et l’Europe en particulier suivent avec attention l’escalade de tensions entre les deux pays. Et l’Union européenne s’est dite « prête » à répondre à une intervention de la Russie en Ukraine par des sanctions économiques et financières « massives ». « Nous espérons qu’une attaque n’aura pas lieu. Mais si c’est le cas, nous sommes prêts », a déclaré Ursula von der Leyen, présidente de la Commission européenne, pendant le forum économique mondial virtuel de Davos (Suisse).

La Commission européenne a ainsi été chargée par les Etats membres de travailler sur les diverses sanctions économiques et financières contre la Russie et les options seront discutées lors de la réunion des ministres des Affaires étrangères de l’UE présidée lundi à Bruxelles par le chef de la diplomatie européenne, Josep Borrell. De son côté, le Premier ministre britannique, Boris Johnson, a appelé les deux pays à négocier, expliquant qu’une incursion russe serait « un désastre pour le monde ».

Le président ukrainien espère une « désescalade »

Dans une vidéo, Volodymyr Zelenskyn a pris la parole et a appelé au calme. « J’espère que nos efforts conjoints, nos pourparlers avec la Fédération russe aboutiront à une désescalade à la frontière de l’Ukraine et à des garanties de la Russie pour la paix dans le Donbass », a souligné le président ukrainien. « La sécurité globale en Europe est impossible sans la restauration de la souveraineté et de l’intégrité territoriale de l’Ukraine », a-t-il également lancé.